Conférence internationale : « Fédérer les recherches sur les sociétés de l’océan Indien »

L’Observatoire des Sociétés de l’Océan Indien (OSOI) de l’université de La Réunion organise une conférence internationale dans l’objectif de « Fédérer les recherches sur les sociétés de l’océan Indien ». Elle aura lieu les 23 et 24 novembre 2017 à l’Université de La Réunion Moufia, Amphi Genevaux.

Cette conférence sera animée par Serge Bouchet, François Hermet, Marie-Annick Lamy-Giner, Elise Ralser et Vilasnee Tampoe-Hautin. Les deux journées se divisent en quatre sous-objectifs : 1. fédérer les chercheurs, 2. fédérer les idées et les énergies, 3. fédérer par la valorisation de la recherche, 4. fédérer les partenariats. Lire le programme complet.

Feuille d’Information Trimestrielle de la SFLGC

Découvrez ICI la FIT (Feuille d’Information Trimestrielle) N°62 d’Octobre 2017 de la SLGC (Société Française de Littérature Générale et Comparée).

Vous y trouverez des informations pratiques, des annonces de colloques, de journées d’études et de séminaires, des appels à communication et des publications comparatistes.

Parmi les publications récentes, je recommande tout particulièrement la lecture des six volumes qui réunissent une sélection des actes du vingtième Congrès de l’AILC (Association Internationale de Littérature Comparée), dirigés par Anne Tomiche, sous le titre Le comparatisme comme approche critique, publiés aux Éditions Classiques Garnier en 2017.

Projection-conférence : « Femmes de Damas », Randi Deguilhem

Dans le cadre des conférences de la Faculté des Lettres en partenariat avec le laboratoire DIRE et le service Art & Culture, Randi Deguilhem (historienne, directrice de recherche au CNRS, TELEMME, Aix-en-Provence) donnera une conférence sur son film documentaire « Paroles de Damascènes » qui sera projeté juste avant sa conférence le mardi 14 novembre à 18h30 au théâtre Vladimir Canter (Université de La Réunion, Moufia).

Filmé sur une période trois ans (2008-2010), ce documentaire dévoile au public occidental des aspects de vie de femmes en Syrie, plus spécialement à Damas, peu visibles dans les médias. Cette projection-conférence sera donc l’occasion de voir et d’entendre des Syriennes de différents âges témoigner de leurs vies professionnelles et privées juste avant la guerre.

Entrée gratuite sur réservation dans la limite des places disponibles. Réservation ici.

Appel à communication : « Définis-moi l’Indianocéanie »

L’Université de La Réunion (OSOI, OIES, LCF, DIRE, CRJ) en partenariat avec les universités de Madagscar (C3ED-M, CAA (Antananarivo), ENS de Toliara) et des Comores (EDSCL.) organisent un colloque international qui aura lieu le 4 et 5 octobre 2018 à l’université de La Réunion.

Si l’océan Indien a fait l’objet de nombreux travaux, l’Indianocéanie, en revanche, est moins bien connue. Existe-t-elle de fait ? A partir de quelles réalités ? Si tel n’est pas le cas, quel intérêt d’envisager cette construction ? Pour quelle ambition ? Le concept et l’espace auquel il se réfère ouvrent de larges perspectives croisant différents champs d’investigations. Un premier colloque à Mahébourg (Maurice) en 2013, sous l’égide de la Commission de l’océan Indien (COI) « L’Indianocéanie, socle et tremplin de notre devenir », constituait un premier « pas vers l’émergence d’une identité indianocéannienne forte » (J.C. de l’Estrac, Secrétaire Général de la COI). Une deuxième avancée était effectuée en 2016, avec la parution de l’ouvrage collectif « Patrimoines partagés – Traits communs en Indianocéanie » (J.-M. Jauze – COI).

Pour autant le concept demeure encore imprécis. Si les fondements historiques, culturels, politiques, environnementaux, tracent un trait d’union entre les îles du Sud-Ouest de l’océan, sont-ils, pour autant, suffisants à définir l’Indianocéanité? Car, ces îles se singularisent aussi par d’importantes disparités, de développement, d’économie, de gestion des territoires, de participation aux réseaux mondiaux. L’aire géographique concernée pose également question. L’Indianocéanie fait-elle référence aux seuls territoires de la Commission de l’océan Indien, La Réunion, Maurice, Les Seychelles, Madagascar, les Comores ? Quid du cas de Rodrigues, de Mayotte, des Maldives, des îles éparses ? D’ailleurs, ce concept n’intègre-t-il qu’une dimension insulaire et archipélagique ? Beaucoup de liens rapprochent les rives orientales africaines des espaces insulaires du Sud-Ouest de l’océan Indien : contribution africaine à leur peuplement, omniprésence de communautés indiennes au Kenya et en Afrique du Sud, héritage culturel et linguistique, histoire du commerce maritime, importance géopolitique de l’Afrique du Sud. Quels seraient les critères d’une approche pertinente de cet ensemble que l’on cherche à identifier au cœur de l’océan Indien ?

 

Cette rencontre scientifique internationale s’inscrit dans la dynamique de la fédération de recherche de l’Université de La Réunion, Observatoire des Sociétés de l’Océan Indien (O.S.O.I.), dont les objectifs sont de fédérer les travaux et de promouvoir les connaissances sur cette partie du monde à travers l’étude des territoires et mobilités, des risques et développements, des réseaux et pouvoirs. Elle se propose ainsi de réunir, en octobre 2018, durant deux jours, à l’Université de La Réunion, des chercheurs travaillant sur l’océan Indien, autant sur les îles que sur les rives continentales, afin de tenter de cerner les contours géographiques de l’Indianocéanie, son contenu et son importance géostratégique. Elle privilégiera des démarches comparatistes et des approches pluridisciplinaires, à partir de trois axes :

– Axe 1 – L’Indianocéanie à l’épreuve du temps. Il s’agira d’interroger le concept dans ses formalisations humaines, historiques, géographiques, politiques, juridiques, économiques, linguistiques, littéraires, en évaluant les facteurs de cohésion et d’unification.

– Axe 2 – L’Indianocéanie, un monde pluriel. La définition renvoie aussi à la question des « limites » : frontières géographiques, inerties, freins au développement, débats et réalités politiques (par exemple la COI et la question de Mayotte ou des îles à souveraineté contestée), les limites des discours, les limites des concrétisations, les limites de l’appropriation…

– Axe 3 – L’ambition indianocéanique. Il conviendra, au-delà des freins et des situations de blocage, de questionner également les volontés, les enjeux, les conditions et les capacités à consolider ou à construire un destin partagé. (Lire l’appel en entier ici)

« L’indisciplinarité du poème » : journée d’étude des Mastérants de lettres (M1)

De chemins entre tous arbitraires
Forcer la géométrie d’un temps révolu
A travers tous les orifices possibles
(Jean-Pierre Luminet, Noir soleil, Le Cherche Midi Editeur, 1993, p.63)

Le dessin ci-contre et les vers ci-dessus de Jean-Pierre Luminet (Visiter son blog) donnent à voir et à entendre ce que pourrait être l’indisciplinarité, non seulement en tant que trajectoire de la pensée, tracé mental, rapport de forces et possibles imaginaires mais aussi en tant que traversée vers ou dans l’inconnu qui suppose au moins une discipline (ici : le graphisme, la géométrie, un savoir scientifique et/ou poétique, une direction morale) et tout ce qui en sort (l’arbitraire, le possible, la liberté du mouvement de pensée). C’est en comparant les poèmes de Jean-Pierre Luminet avec ceux du poète Henri Meschonnic (Et la terre coule, 2006), du poète arabe Adonis (La forêt de l’amour en nous, 2009) et du poète indonésien Sapardi Djoko Damono (Suddenly the Night, 1988) que les Mastérants de première année du Master « L’océan Indien en ses textes » de l’université de La Réunion ont interrogé l’enjeu de l’indisciplinarité en poésie, à travers un ensemble de courtes communications qui examinent la notion sous différents angles. Six d’entre eux partagent ici leurs recherches, réalisées sur une période d’un mois, dans le cadre du séminaire de littérature comparée (lire le synopsis). Je les remercie d’avoir accepté de diffuser l’enregistrement de leur communication sur « Littératures comparées vues de l’océan Indien ».

Le programme de cette journée d’étude s’est ouvert avec une communication d’Indiana Fontaine (écouter) qui interroge d’emblée la notion de frontières : « Le poème a-t-il des frontières culturelles ? ». Elle montre que le poème, fût-il né de telle culture ou telle discipline, cultive surtout une dynamique de l’indisciplinarité qui s’apparente à une démarche à la fois heuristique et technique et qui fait du poème une technologie qui unit science (logos) et art (tekhnê). La communication de Katia Hackmann (écouter), « L’amour dans les quatre oeuvres poétiques », étudie l’élément eau dans les poèmes pour interroger la manière métaphorique dont la poésie et les sciences du vivant, évoquées notamment dans la poésie de Damono, décrivent le phénomène de l’amour. De la même manière, en s’interrogeant sur les « Astres et désastres dans les poèmes de Jean-Pierre Luminet et Henri Meschonnic », Maureen Lumineau (écouter) attire plus particulièrement notre attention sur la force de réorganisation du monde et du cosmos propre à la poésie, montrant ainsi que l’indisciplinarité du poème repose sur un subtile équilibre de forces, nécessaire, difficilement saisissable mais repérable à travers le langage. Dans la continuité des réflexions précédentes, May Li Méhari (écouter) propose de reprendre la définition du poème de Henri Meschonnic – « la transformation d’une forme de langage par une forme de vie et la transformation d’une forme de vie par une forme de langage » – pour méditer sur l’articulation « Poésie et matière : dire le monde ». Sa communication montre que le poème ne peut avoir lieu sans le corps. La communication suivante de Kevin Minatchy (écouter) donne l’exemple du corps vibrant jusqu’à la transe dont le langage poétique s’apparente au délire et qui n’est plus rationalisable. « L’hérésie ou la logique scandaleuse des images dans les poèmes de Damono et Adonis » montre donc une indisciplinarité extrême qui fait écho à la pensée mystique. Enfin, pour clore ce partage réflexif autour de l’indisciplinarité du poème, Mariyah Patel (écouter) nous offre une étude comparée sur « Fin et commencement dans les quatre oeuvres poétiques » et montre que dans le commencement du corps se trouve la fin recommencée du poème grâce à une interconnexion indisciplinée des corps.

Appel à manuscrits : Nouvelle collection aux éditions Connaissances & Savoirs

Les éditions Connaissances & Savoirs lancent la collection Littératures non-occidentales, dirigée par Bénédicte Letellier et encadrée par un comité scientifique international. Elle accueille des essais, des ouvrages collectifs ou des thèses qui explorent la littérature à partir d’études comparées consacrées aux littératures non-occidentales. Elle vise à renouveler et à réinventer la littérature comparée en tant que discipline en la confrontant aux nouvelles questions générées à différentes échelles par le partage des savoirs, comme par exemple celles que posent la littérature mondiale et les littératures dites « alter-natives » ou bien encore comme toutes les questions épistémologiques et éthiques que pose la transdisciplinarité. Les littératures non-occidentales offrent un champ de réflexion déterminé par trois grandes perspectives comparatistes que cette collection entend privilégier : l’étude comparée de ces littératures, l’étude de leurs liens avec les littératures occidentales et l’étude de leurs implications interdisciplinaires.
Les soumissions doivent comprendre un descriptif de 3 pages, une table des matières, deux chapitres achevés et un curriculum vitae. Elles seront envoyées par voie électronique à Bénédicte Letellier, benedicte.letellier@univ-reunion.fr et à contact@connaissances-savoirs.com.

Comité scientifique international : Jean Bessière (Université de la Sorbonne Nouvelle, France), E.V. Ramakrishnan (université Centrale du Gujarat, Inde), Longxi Zhang (City University of Hong-Kong, Chine), Isabel Hofmeyr (University of the Witwatersrand, Johannesburg, Afrique du Sud), Hitoshi Oshima (Université de Fukuoka, Japon), Anders Pettersson (Umeå University, Suède), Lisa Block de Behar (Instituto de Profesores Artigas, Montevideo, Uruguay), Alexandre Stroev (Université de la Sorbonne Nouvelle, France).

The non-Western Literatures collection, supervised by an international scientific committee, welcomes essays, collective works or theses that explore literature from the perspective of comparative studies focusing on non-Western literatures. The collection aims at renewing and reinventing comparative literature studies as a discipline by confronting it with new questions arising from an increased sharing of knowledge, as evidenced by world literature and the so-called « alter-native » literatures or by all the epistemological and ethical questions raised by transdisciplinarity. Non-Western literatures offer a field of reflection determined by three main comparative perspectives that this collection intends to focus on: the comparative study of these literatures, the study of their links with Western literatures and the study of their implications for an interdisciplinary approach.
Submissions must include a 3-page description, a table of contents, two completed chapters and a curriculum vitae. They will be sent electronically to Bénédicte Letellier, benedicte.letellier@univ-reunion.fr and to contact@connaissances-savoirs.com.

GIS-MOMM Congress: Refugee Literature Workshop

Claire Gallien organizes a Refugee Literature Workshop at the next GIS-MOMM Congress that will take place on 6 July in Paris, INALCO (65 rue des Grands Moulins, Paris 13e, Room B 3.03). The speakers: Mariangela Palladino, Frédérik Detue, Melissa Chaplin, Nathalie Bontemps, Catherine Coquio, Valerie Anishchenkova, Corina Stan, Bénédicte Letellier, Olivera Jokic, Claire Gallien. Lire le programme.

« The current refugee crisis affecting large parts of the Middle East and the Mediterranean world today has given new prominence to the corpus of refugee literature written by Arab writers in Arabic, English, French, and other European languages. This workshop aims to unpack the category of ‘refugee literature’ and its ideological underpinnings as it relates to question of nationalism and neo-imperialism, but also as it questions and reshapes national literatures by taking refugees out of quarantined zones and into shared literary, cultural, and social spaces.

The speakers of the workshop aim to interrogate the validity of the category of ‘refugee literature’ not only because it homogenizes vastly disparate experiences and capitalize on suffering and pity, but also because it is established on the premise of a binary opposition with the equally problematic concept of ‘national literature.’ What does this sub-category reveal about the position of refugee literature in relation with national canons and the idea of the nation? By using the category, are we not, as scholars and critics, reproducing an asymmetrical power relation that ultimately reproduces the confinement of these writers to a sub- or minor genre?

Related to other forms of trauma literature, the workshop reflects on the translation of refugee experiences. Does one have to be a refugee to write refugee literature? How can the experience be translated, and by whom? Non-written forms of cultural productions, such as oral literature, shall be taken into account, along with the conditions of production, collection, and transmission of refugee experiences in the camps and the role/commitment of translators in the West and beyond.

Finally, the workshop invites comparison between the various recuperations of the term ‘refugee’ by the authors themselves and the status of refugee literature in various countries of the Middle East, North Africa and Europe, but also in Iran, Pakistan, and India. Why would a writer prefer to resort to the elitist category of ‘exile’ rather than call her/himself a ‘refugee writer’? How does refugee literature reconnect with Shahrazad’s paradigmatic interpretation of literature as refuge? Would not the concept of ‘displacement’ be more fitting to characterize texts which relate an experience of displacement but also fundamentally displace categories (author, translator, editor, inside, outside, fiction, surreal, real…) and readers? » (Claire Gallien)