Partage réflexif et créatif d’étudiants :

la critique fiction

 Dans le prolongement du cours de Littérature Comparée de licence 3 sur le thème de la critique fiction (résumé disponible dans l’onglet « cours et séminaires »), Yaëlle Dijoux, Morgane Dandin et Leslie Fivria partagent ici une étude comparée de deux extraits de Dites-moi le songe d’Abdelfattah Kilito et de Rimbaud, le huitième dormant de Salah Stétié. Elles interrogent la notion d’authenticité de la critique comme de la fiction : dans quelle mesure peuvent-elles être conformes à la/une vérité et la servir ? Pour le dire vite, en quoi la critique aurait-elle besoin de la fiction pour être vraie autant que conforme à la/une vérité ? Et si la critique fiction d’un Kilito ou la critique créatrice d’un Stétié sont vraies, que nous disent-elles du texte fictif et de la réalité observée ?

De même, dans le prolongement de ce même cours et d’une initiation à la recherche, Daphné Bérenger partage ici un texte écrit à partir des poèmes de Rimbaud, à la manière de Sophie Rabau interpolant Rimbaud dans B. comme Homère (Anarchasis Editions, 2016). D’une matinée d’ivresse, elle interpole donc Rimbaud par le biais d’un traducteur et critique chinois qui célèbre l’infernale ivresse…

Enfin, les deux peintures ci-dessus ont été réalisées par Aurélie Lauret et inspirées par un poème de Bénédicte Letellier.

Conférence :

« Einstein était-il aussi un artiste? » (Étienne Klein)

 Étienne Klein, physicien et philosophe des sciences enseignant à l’École Centrale de Paris, donne une conférence au Village Corail (Saint-Gilles) mercredi 18 avril à 18h15.

Einstein, un artiste ? Sa vie ressemble à une lente mais incessante promenade à vélo. Il procédait par « expériences de pensée », chacune agissant comme un coup de pédale lui permettant de faire progresser sa réflexion. Mais qu’est-ce qu’une « expérience de pensée » ? La façon dont Einstein avait d’en inventer relèverait-elle d’un travail d’artiste de la pensée ?

 

Conférence :

« Poésie et architecture : comment se situer dans le monde ? » (Bénédicte Letellier)

L’école d’architecture de La Réunion située au Port, antenne de l’ENSAM (Montpellier), organise le mardi 10 avril 2018 à 13h en salle de conférence (cf. site de l’ENSAM à La Réunion) une conférence sur la poésie et l’architecture, présentée par Bénédicte Letellier (Université de La Réunion).

Se situer, ce n’est pas seulement savoir se repérer dans un lieu ou par rapport à un lieu, c’est aussi le ressentir et s’habituer à lui, c’est-à-dire savoir comment l’habiter, comment y trouver sa place la plus harmonieuse possible. C’est donc se connaître par rapport à un contexte, à un environnement. Se situer dans le monde implique nécessairement d’accepter que les situations changent et qu’elles nous changent. Se situer et se re-situer selon diverses situations, voilà ce que nous enseignent l’architecture et la poésie que l’on pourrait donc définir comme deux types d’expériences esthétiques de mise en situation.
De la même manière que Jean Nouvel constate qu’aujourd’hui l’architecture telle que lui-même la pratique est un art considéré comme élitiste, la poésie est elle aussi stigmatisée en France comme un art marginal, si peu démocratique. Toutes deux souffrent donc d’une certaine indifférence générale que d’aucuns expliquent comme la conséquence de leur prétendu hermétisme. Que nous disent-elles de nous et de notre rapport au monde ? Comment les lire et les comprendre ?
Au cours de cette conférence-entretien, j’aimerais pouvoir questionner et discuter avec les étudiants cet a priori qui en a fait deux pratiques étrangères aux réalités concrètes du quotidien, là où au contraire elles pourraient nous être très utiles. D’ailleurs, les deux arts se complètent. En effet, pour le dire vite, si l’architecture est, selon l’expression de Maurice Sauzet, une « écologie de l’éveil poétique », on peut dire à l’inverse que la poésie est le retour des impressions architecturales. Dans les deux types d’expériences, il y a tout d’abord l’épreuve du corps dans l’espace et le temps. Les deux arts exigent donc un retour à soi dans une dimension avant tout sensible. Il y a ensuite les formes qu’elles génèrent et qui interrogent notre représentation du monde et notre propension à nous illusionner. Comme le formule Guillevic, dans un poème intitulé « Pyramide », « Nous, figures, nous n’avons / Après tout qu’un vrai mérite / C’est de simplifier le monde, / d’être un rêve qu’il se donne. » Jusqu’à quel point l’architecture et la poésie révèlent-elles notre situation rêvée ou réelle dans le monde ? (B. Letellier)

 

Publication :

Revue de littérature générale et comparée, de critique et de traduction, n°10

La Revue de littérature générale et comparée, de critique et de traduction, dirigée par Abdul Majid Hanoun, éditée par Samia Allioui et publiée par l’université algérienne de Badji Mokhtar (Annaba), consacre son dixième numéro à la poésie arabe. C’est une revue semestrielle à comité de lecture auquel appartient Bénédicte Letellier.

Les lecteurs arabophones ou arabisants pourront lire les articles de ce numéro en format pdf ici. Un seul article est écrit en français. Il offre une réflexion sur la pratique de la traduction en poésie. L’auteur, Rania Hassan Ahmed (Université d’Helwan, Égypte), s’appuie sur un recueil du poète libanais Charbel Dagher traduit par Abi Rached pour montrer l’importance de « l’émotion textuelle » dans le passage d’une langue à une autre.

Lecture croisée de poèmes

Ophélie Sautron et Émilie Richard

Dans la continuité des échanges poétiques au sein de la promotion des Licence 2 de Lettres, Ophélie Sautron et Émilie Richard nous offrent ici un moment poétique. Pour tous les lecteurs de ce site, je les remercie chaleureusement.

Appel à communications:

« Mouvements culturels et supports médiatiques océan Indien (XIXe-XXe) »

Colloque international organisé par le LCF et DIRE, soutenu par l’OSOI (Observatoire des Sociétés de l’Océan Indien), à l’université de La Réunion, en partenariat avec le CERILAC (Université Paris VII), les 24-28 octobre 2018.

Ce colloque, porté par des chercheurs en littérature et en sciences de l’information et de la
communication, s’adresse également à d’autres disciplines de sciences humaines et sociales. Il s’intéresse à de nouveaux modes de cartographie d’un monde culturel fondé sur des pratiques immédiates, des pratiques sociales éphémères ou plus longues, ainsi que sur la recherche d’une archive coloniale et post-coloniale.

Il s’agit d’interroger des acteurs (participants), des textes (archives, revues, presse, littérature), des images qui permettront de retracer (au sens littéral) l’histoire des mouvements revendicatifs qui s’opposaient aux pouvoirs établis dans l’océan Indien. Épousant une perspective épistémologique globalement postcoloniale, ce colloque vise à analyser et interroger la mémoire des idées et des représentations militantes qui émergeaient aux XIXe et XXe siècles. Un délai est accordé pour les soumissions de propositions : le 15 mars 2018. (Lire l’appel en entier)

« Égale »

poème écrit et lu par Bénédicte Letellier

En réponse à la demande de deux étudiantes de lettres Aurélie Lauret et Aurore Mandrin, voici en passant un poème éphémère qui ne durera que le temps d’une semaine. C’est aussi une invitation pour toute la promotion des L2 à « vivre poème », selon l’expression d’Henri Meschonnic.