Archives mensuelles : avril 2015

Appel à contributions pour la revue en ligne T(r)OPICS

Upstairs to the magic land« La réécriture au XXIe siècle : nouvelle cartographie des passages entre les œuvres »

« Rewriting in the 21st century: new mapping of passages between works »

Numéro de la revue T(r)OPICS sous la direction de Marc Arino et Bénédicte Letellier (Université de la Réunion).

Date limite de soumission des propositions : le mercredi 15 juillet 2015.

Nous souhaitons réunir des contributions qui interrogent l’intérêt récent non seulement de la critique littéraire mais aussi des autres sciences à l’égard de ce geste de réécriture. Il s’agira alors de porter une attention toute particulière à la réécriture en tant que stratégie esthétique, pédagogique et cognitive qui impose une posture de réflexion contemporaine de plus en plus pluridisciplinaire ou transdisciplinaire. Comment la réécriture, en tant que procédé d’écriture ou bien en tant que méthode, oriente-t-elle les démarches scientifiques vers une nouvelle manière d’écrire et de penser les relations et les réseaux? Selon une approche plus pragmatique, les contributions pourront aussi essayer de cerner la puissance de cet acte second. En quoi s’inscrit-il dans un mouvement d’inclusion ou d’exclusion par rapport à un ensemble d’oeuvres données ? Dans quelle mesure est-il une puissance d’actualisation et d’adaptation qui assure la survie des oeuvres et inaugure une conception et une pratique nouvelles de la littérature ou plus largement des arts ? Télécharger l’appel à contributions en français / anglais.

« From modernity to cosmodernity: science, culture and spirituality », Basarab Nicolescu (2014)

cosmodernityBook review: Sue L. T. McGregor (Mount Saint Vincent University, Canada), from Integral Leadership Review (2015, April-June)

« Like bookends, Chapter 16 mirrors Nicolescu’s angst expressed in the Introduction about adhering to the tenets of classical science despite the power of the quantum. As he debunks classical science, he identifies the basic features of cosmodernity, which I gleaned from reading Chapter16:

  • relationships, the interaction, the interconnection of natural phenomena
  • the universe of interconnectedness, of nonseparability
  • harmony between humans and nature (includes intuition and spirituality)
  • the subtle concept of substance/energy/space-time/information (replaces concept of matter)
  • the power of discontinuity and global causality (replace continuity and local causality)
  • bridge between science and religion
  • intersubjectivity and the included third
  • a new cosmodern objectivity – the subject , the object , and their interaction
  • the cosmodern world is a vast cosmic matrix, where everything is in perpetual movement and energetic restructuring – this is what unity of the world means, the movement of energy, not matter.

I think the intellectual contribution of this book is a form of beautiful, poignant, heart stopping art. It is an intellectual pièce de résistance; it is a creation that resists and defies orthodox or common conventions and practices (i.e., modernism), thereby making the whole of the creation unique and special (cosmodernism). Take a deep breath and read it, ideally from beginning to end, but even sampling it will change your life and open intellectual doors. » Download article as PDF

Conférence à la Bibliothèque départementale de la Réunion le mardi 21 avril à 18h30

« Le soufisme dans quelques poèmes de l’océan Indien », Bénédicte Letellier

majnunBien que la forme originale du soufisme soit « un produit naturel de l’islam lui-même » (Nicholson), il est l’un des mysticismes le plus empreint de diverses traditions occidentales et orientales. L’une des raisons est que l’islam s’est développé dans une région du monde où les influences anciennes de l’Orient, du néo-platonisme et du christianisme étaient fortes. Un certain nombre d’influences secondaires ont donc pu agir sur l’islam même à ses tout débuts. Cette richesse du soufisme peut se mesurer aujourd’hui non seulement à la place qu’il occupe dans le monde grâce notamment à l’existence des confréries mais surtout à l’évidence métaphysique sur laquelle il se fonde : « la doctrine de l’Unicité divine ne peut être qu’une » (al-tawhîd wâhid). Le caractère universel du soufisme réside donc dans la pluralité des théophanies particulières qui ont toutes leur source en Dieu, le Réel. Junayd (soufi de Bagdad, m. 910) l’exprime plus simplement : « La couleur de l’eau vient de la couleur de son récipient ». Quels que soient le récipient, la voie empruntée, la forme des croyances et la manifestation divine, le chercheur mystique est celui qui désire connaître cette Réalité ultime, ce Réel.
Aux XXe et XXIe siècles, certains poètes de l’océan Indien, inspirés par les symboles et le langage poétique du soufisme, s’évertuent à décrire ce Réel à travers leur expérience de l’amour. Qasim Haddad (Bahrein) et Abd al-Sabur (Egypte), par exemple, réécrivent l’histoire du fou d’amour, celle de Majnun Layla. Mohammed Iqbal (Pakistan) et Kemala (Malaisie) chantent l’amour universel, accessible par la conscience de soi, et réinterprétent les images du soufisme persan en faveur d’un soufisme de l’Ego. La mystique de l’amour et de la souffrance, qui apprend à l’homme à vivre et à mourir pour un but qui le dépasse se retrouve aussi dans les poèmes de Sapardi Djoko Damono (Indonésie), de ‘Arif Khudairi (Bruneï) et de Paul Smith (Australie). Ils ont tous en commun une influence plus ou moins explicite du soufi, martyr de l’amour, al-Hallaj (m. 922). En relisant et comparant ces poèmes contemporains, ce sont autant d’expériences amoureuses que nous lisons et qui suggèrent toutes un lien essentiel au Réel, comme si la plus grande ignorance humaine était de l’avoir oublié dans la vie de tous les jours.