Archives mensuelles : avril 2018

Conférence :

« Einstein était-il aussi un artiste? » (Étienne Klein)

 Étienne Klein, physicien et philosophe des sciences enseignant à l’École Centrale de Paris, donne une conférence au Village Corail (Saint-Gilles) mercredi 18 avril à 18h15.

Einstein, un artiste ? Sa vie ressemble à une lente mais incessante promenade à vélo. Il procédait par « expériences de pensée », chacune agissant comme un coup de pédale lui permettant de faire progresser sa réflexion. Mais qu’est-ce qu’une « expérience de pensée » ? La façon dont Einstein avait d’en inventer relèverait-elle d’un travail d’artiste de la pensée ?

 

Conférence :

« Poésie et architecture : comment se situer dans le monde ? » (Bénédicte Letellier)

L’école d’architecture de La Réunion située au Port, antenne de l’ENSAM (Montpellier), organise le mardi 10 avril 2018 à 13h en salle de conférence (cf. site de l’ENSAM à La Réunion) une conférence sur la poésie et l’architecture, présentée par Bénédicte Letellier (Université de La Réunion).

Se situer, ce n’est pas seulement savoir se repérer dans un lieu ou par rapport à un lieu, c’est aussi le ressentir et s’habituer à lui, c’est-à-dire savoir comment l’habiter, comment y trouver sa place la plus harmonieuse possible. C’est donc se connaître par rapport à un contexte, à un environnement. Se situer dans le monde implique nécessairement d’accepter que les situations changent et qu’elles nous changent. Se situer et se re-situer selon diverses situations, voilà ce que nous enseignent l’architecture et la poésie que l’on pourrait donc définir comme deux types d’expériences esthétiques de mise en situation.
De la même manière que Jean Nouvel constate qu’aujourd’hui l’architecture telle que lui-même la pratique est un art considéré comme élitiste, la poésie est elle aussi stigmatisée en France comme un art marginal, si peu démocratique. Toutes deux souffrent donc d’une certaine indifférence générale que d’aucuns expliquent comme la conséquence de leur prétendu hermétisme. Que nous disent-elles de nous et de notre rapport au monde ? Comment les lire et les comprendre ?
Au cours de cette conférence-entretien, j’aimerais pouvoir questionner et discuter avec les étudiants cet a priori qui en a fait deux pratiques étrangères aux réalités concrètes du quotidien, là où au contraire elles pourraient nous être très utiles. D’ailleurs, les deux arts se complètent. En effet, pour le dire vite, si l’architecture est, selon l’expression de Maurice Sauzet, une « écologie de l’éveil poétique », on peut dire à l’inverse que la poésie est le retour des impressions architecturales. Dans les deux types d’expériences, il y a tout d’abord l’épreuve du corps dans l’espace et le temps. Les deux arts exigent donc un retour à soi dans une dimension avant tout sensible. Il y a ensuite les formes qu’elles génèrent et qui interrogent notre représentation du monde et notre propension à nous illusionner. Comme le formule Guillevic, dans un poème intitulé « Pyramide », « Nous, figures, nous n’avons / Après tout qu’un vrai mérite / C’est de simplifier le monde, / d’être un rêve qu’il se donne. » Jusqu’à quel point l’architecture et la poésie révèlent-elles notre situation rêvée ou réelle dans le monde ? (B. Letellier)