Archives mensuelles : juin 2018

Publication :

Centres et périphéries de la littérature mondiale

Les Éditions Connaissances & Savoirs viennent de publier dans la collection « Littératures non occidentales » un ouvrage (en vente ici) dirigé par Amaury Dehoux (Université Catholique de Louvain-la-Neuve) : Centres et périphéries de la littérature mondiale, Une pensée connectée de la diversité.

En tant que système, la littérature mondiale établit des connexions mouvantes entre différentes zones géographiques, culturelles et linguistiques. C’est pourquoi les notions de centre et de périphérie se voient constamment renouvelées et demeurent d’une grande fécondité pour la critique littéraire aujourd’hui. Le présent ouvrage s’intéresse précisément à quelques actualisations remarquables du binôme centre-périphérie dans la littérature contemporaine. Il envisage les dynamiques, les dispositifs et les problématiques propres à diverses littératures non occidentales, qu’elles soient européennes (Bulgarie, Slovénie) ou extra-européennes (océan Indien, Caraïbes, monde arabe). Il interroge sur cette base la pensée du relatif et de l’universel, qui sous-tend toute littérature, et le devenir d’une telle pensée à l’ère de la globalisation. (Lire le sommaire)

Séminaire GenderMed :

« Le féminin dans l’œuvre poétique d’Adonis »

Bénédicte Letellier (Maître de Conférence en Littérature Comparée à Université de La Réunion) animera un séminaire de GenderMed (réseau thématique de la MMSH, AMU / CNRS) organisé par Randi Deguilhem le jeudi 14 juin de 10h à 12h sur le Campus Schuman (Maison de la Recherche, Aix-en-Provence). Elle abordera le thème du féminin dans l’œuvre poétique et visuelle du poète syrien Adonis.

Synopsis : Dans un dialogue avec Houria Abdelouahed, Adonis prolonge la pensée d’Ibn ‘Arabî et dit : « Tout lieu commandé par la seule virilité, est stérile. » Ainsi, pour lui, « l’homme, sans la féminité et sans cette dimension du féminin, devient une machine. » (Violence et Islam, 2015, p. 105)
Nul doute que l’art et la pensée d’Adonis célèbrent et exaltent le féminin de diverses manières. Je dirais que cela va de soi lorsqu’on est poète. Mais, si l’on n’est pas poète, à quoi voit-on qu’il y a du féminin ? Adonis associe la féminité à la fécondité, à la créativité. Bien plus qu’une question de genre, bien plus qu’une réflexion intellectuelle sur la place de la femme qui n’est qu’un des aspects de la dimension féminine du monde, le poète partage avec nous la puissance de fécondité que recèle tout être vivant. Cela passe par un lien au corps, comme une reconquête de soi. Et plus étonnamment, cela passe par une ouverture à l’autre, à notre étrangeté fondamentale. « Par toi, dit le poète, j’arrive à moi-même, je m’atteins » (Commencement du corps fin de l’océan, « Vagues », Mercure de France, 2004, p. 109). A travers ces deux parcours, vécus et évoqués avec enthousiasme par le poète, le poème esquisse de nouvelles manières d’aimer, soi-même comme un autre. Chaque fois, le poète choisit un lieu commun d’expérimentation (le corps, l’image de la femme, le mythe, le symbole, la nature…) où s’éprouve quotidiennement cette distance qui nous sépare de l’autre – femme ou homme – et de nous même et où se devine un amour possible qui sera nécessairement un lien fécond, la dimension visible du féminin.
En tant que femme, lectrice, critique et traductrice de l’œuvre poétique d’Adonis, je présenterai ce que j’y ai vu de féminin (autant dans ses poèmes que dans ses œuvres graphiques) et la manière dont je propose de le traduire.