Archives mensuelles : juillet 2018

Événement :

Le nouveau site de la SFLGC

SFLGCDepuis le 5 mars 2018, le nouveau site de la SFLGC est en ligne. Très régulièrement alimenté, il offre aux internautes une meilleure visibilité des activités scientifiques et pédagogiques de la Société Française de Littérature Générale et Comparée qui étaient jusqu’alors annoncées sur le site Vox Poetica.

Ce site permet aux comparatistes de diffuser des annonces, de connaître l’évolution contemporaine de la recherche et de l’enseignement en littérature comparée et de soumettre des publications. Il a été créé à l’initiative de Vincent Ferré. Il est mis en forme et géré par une équipe de volontaires, membres du CA de la SFLGC. Belle navigation sur ce nouveau site !

 

Appel à contributions :

« Le Moyen-Âge mort-vivant »

TrOPICS est une revue électronique pluridisciplinaire en libre accès et à comité de lecture, dirigée par l’Équipe d’Accueil DIRE (Déplacements, Identités, Regards, Écritures) de l’Université de la Réunion, dont le fondateur est Guilhem Armand. Elle propose un numéro thématique par an comprenant des articles, rubriques  Documents et Varia, en Lettres et Sciences Humaines (arts et littérature, langues et civilisations étrangères, didactique des langues, linguistique, études culturelles, anthropologie et sociologie).

La revue lance un appel à contribution pour son 7ème numéro à paraître courant 2020 et consacré au thème suivant : « Le Moyen-Âge mort-vivant » sous la direction d’Anne-Cécile Le Ribeuz-Koenig et Marc Arino.

« Les médias ne meurent jamais ; ils peuvent être abandonnés, devenir obsolètes, mais ils ne meurent pas […]. D’autre part, de façon plus positive, les « médias zombies » rendent possibles la réutilisation et le remixage, et permettent de repenser les médias anciens pour produire de nouveaux assemblages, idées, dispositifs et usages. […] Le médias sont partout, de la nature aux animaux, des rues aux écrans, aux sons et à l’électronique ; dans tout ce qui apporte des perceptions, des sensations, des souvenirs » (Pour une archéologie des virus. Entretien avec Jussi Parikka, Tracés 21, 2011-2, p. 242-243)

L’approche proposée par Jussi Parikka nous invite à reconsidérer, pour les lettres médiévales, la question du renouvellement des formes et des matières, de l’inscription dans la tradition, de l’invention du point de vue médial et médiumnique. Plus précisément, l’archéologie des médias conduit à analyser l’articulation des médias présents – les nouveaux et les morts-vivants – dans les œuvres médiévales, en s’intéressant aux effets de médiation et aux représentations magiques/surnaturelles de ceux-ci (on trouve des traces d’une représentation ‘archaïque’ sacrée du chant, comme de l’écriture, dans les œuvres médiévales). Ainsi, le concept de médias morts-vivants semble offrir des outils intéressants pour aborder les écrits des XIVe et XVe siècles, mais aussi pour penser les humanités numériques. Et les œuvres médiévales qui réfléchissent aux révolutions médiatiques du passé s’offriraient comme modèles pour penser la création et les médias imbriqués d’aujourd’hui. Il conviendrait dans ce numéro 7 de la revue TrOPICS de mener l’enquête sur les différents aspects que peuvent prendre les médias morts-vivants dans les œuvres qui nous intéressent : transposition esthétique (par exemple, la circularité de la danse et du chant informant celle du texte poétique) ; thématisation (les descriptions et représentations de scènes de performance : chant, danse, mime, lecture…) ; invention d’un medium imaginaire qui réfléchit au statut de l’œuvre intermédiale, tel un miroir parlant chez Froissart, qui met en scène une poésie lyrique à la fois circonscrite et conservée dans un support matériel, mais nostalgique de la voix. Ainsi, l’archéologie des médias conduit à changer de point de vue sur les « lettres médiévales » et aborder le texte comme un medium qui interfère avec et relaie des médias morts-vivants. Par ailleurs, on pourrait penser que les interférences, par exemple texte-voix-image, sur la page du manuscrit médiéval, constituent un modèle pour comprendre les interférences contemporaines présentes dans la création artistique et les médias numériques. L’articulation médiévale entre les médias anciens et nouveaux donne des clefs pour comprendre les médias contemporains, en résonance avec les médias préexistants – textes imprimés, voix, musiques, danses, images fixes et mobiles – en particulier dans une perspective artistique. Plus largement il serait possible d’étudier toute adaptation/recréation, dans les arts de la scène, visuels ou plastiques, d’une œuvre médiévale ou de l’imaginaire des mondes médiévaux, qui ferait preuve d’originalité/d’inventivité dans le recours à son medium, au(x) jeu(x) entre médias ou dans la représentation de performances.

 

Partage scientifique pour le séminaire de recherche M2 :

« Paul Gauguin et l’atelier des Tropiques » (B. Terramorsi)

Dans ce séminaire de recherche en Littératures Comparées, le Professeur Bernard Terramorsi propose de comparer plusieurs œuvres picturales et narratives produites par Gauguin en Polynésie au tournant du siècle.

Pour préparer ce séminaire, les Mastérants sont invités à lire l’article qu’il a publié en 2008 : « Paul Gauguin et le démon des Tropiques » (voir la référence dans la bibliographie disponible dans l’onglet « cours et séminaires »). De même, ils trouveront une riche bibliographie dans la thèse d’Isabelle Malmon soutenue en juin 2017. Belles lectures !

Pour préparer le cours de L2 :

« Lectures comparatistes : La question de l’altérité » (B. Terramorsi)

Le Professeur Bernard Terramorsi propose de traiter la question de l’altérité à partir d’un corpus de contes et légendes sur les sirènes.

Synopsis du cours : Notre appréhension de l’altérité prendra appui sur les mythologies du corps féminin et principalement sur l’étude d’un personnage mythique issu de la tradition orale malgache : Zazavavindrano (« jeune‐fille‐des‐eaux »), encore appelée dans le sud‐ouest de la Grande Île : Ampelamanañisa (« femme‐qui‐a‐des‐ouïes »). L’analyse d’un coprus de contes et légendes montrera que la sirène malgache est une extension indianocéanique du domaine mythique de la Mélusine médiévale européenne (Le roman de Mélusine , Jean d’Arras 1392). Cette entité aquatique –à la fois même et autre que la fée anguipède Mélusine–, est omniprésente dans le patrimoine oral malgache. L’étude de cette fille des eaux bifurquera finalement vers l’analyse de l’altérité féminine à demeure (la conjointe animale) ; le désir et la peur générés par la différence des sexes. Quand la femme autre de l’homme est re-présentée comme un autre de l’humain.

Pour préparer ce cours, les étudiants sont invités à lire les articles rassemblés dans un ouvrage que Bernard Terramorsi a lui-même dirigé : La fille des eaux dans l’océan Indien. Mythes, récits et représentations et tout particulièrement la préface intitulée « La femme-poisson ou l’apnée du sommeil de la raison » (Paris, l’Harmattan, 2010, p. 11-26). Ils pourront découvrir quelques contes et légendes dans l’anthologie établie et préfacée par Bernard Terramorsi, intitulée : La femme qui a des ouïes et autres récits de la tradition orale malgache (Editions K’A, 2007). Bernard Terramorsi partage aussi un article « Comment envisager le sexe de la femme ? Mythanalyse comparée de la Sirène malgache Ampelamananisa (« la fille avec des ouïes ») et de la Baubô grecque » (référencé dans la bibliographie du cours, voire l’onglet « cours et séminaires »). Enfin, les étudiants peuvent lire l’article fondamental de Claude Lecouteux sur « La structure des légendes mélusiniennes » publié dans la revue Annales. Economies, Sociétés, Civilisations (33e année, N.2, 1978, pp. 294-306). Belle lecture !