Archives mensuelles : août 2018

Carnets de recherche :

« Oceanic Humanities for the Global South »

L’élévation du niveau de la mer nécessite de nouveaux styles de recherche océanique qui parlent de thèmes environnementaux et décoloniaux. Une grande partie de la recherche océanique s’est concentrée sur la surface de l’océan, en traçant les mouvements de personnes, d’idées et d’objets. Les humanités océaniques contemporaines doivent maintenant s’intéresser aux aspects humains et non humains de l’océan, à la profondeur et à la surface. Un tel projet doit également décoloniser l’histoire de l’espace océanique, en proposant de nouvelles approches de la compréhension esthétique de l’eau. Ce projet propose un programme de recherche qui peut combiner des études océaniques critiques avec des théorisations postcoloniales des mers pour faire évoluer les humanités océaniques spécifiques au Sud global.

« Les humanités océaniques pour le Sud global » est un projet de recherche dirigé par la Professeure Isabel Hofmeyr (Université de Witwatersrand, Afrique du Sud), la Docteure Charne Lavery (université de Witwatersrand) et la Docteure Phindezwa Mniyaka (Université du Cap-Occidental). Il compte six partenaires d’Afrique du Sud et internationaux, seize associés internationaux (dont un membre de l’EA DIRE de l’université de La Réunion : Bénédicte Letellier) et cinq doctorants. Il est financé par la Fondation Andrew W. Mellon (New-York), la Fondation de Recherche Nationale Sud-africaine et l’Institut National pour les Humanités et les Sciences Sociales. L’objectif de ce projet est de confronter et comparer diverses connaissances (sur l’art, les océans et le sud) afin de développer les idées nouvelles sur ces humanités et de produire une recherche à la fois créative et synthétique.

Tous les événements de ce projet seront relayés sur le site des « littératures comparées vues de l’océan Indien ». Pour l’instant, je recommande vivement aux internautes de visiter le site www.oceanichumanities.com et, plus particulièrement, de parcourir l’espace des curiosités.

Congrès en ligne du CIRET :

« Being transdisciplinary »

Le CIRET (Centre International de Recherches et Études Transdisciplinaires) est une association fondée en 1987 par Basarab Nicolescu. En juin dernier, le CIRET a co-organisé un congrès international à Cluj-Napoca (Roumanie) avec ATLAS et l’université Texas Tech et a rassemblé des chercheurs de divers horizons. Tout le congrès est maintenant disponible sur la chaîne Youtube du CIRET. Nous retransmettons ici la session « Being Transdisciplinary in Human Sciences » modérée par le Professeur Peter J. Whitehouse (Canada).

Le projet moral du CIRET est clair : face à la fragmentation des connaissances, face à des valeurs fondées sur le déterminisme, le positivisme et le nihilisme et sur une vision du monde héritée des concepts de la physique classique, cette association travaille activement à croiser les foyers de réflexion et de décision de la vie sociale. « Face à cette situation, il convient d’encourager par tous les moyens possibles l’activité de recherche dans une nouvelle approche scientifique et culturelle – la transdisciplinarité – dans sa tentative de reconstituer une image cohérente du monde. » Ce congrès témoigne à maints égards d’un franc succès. Outre qu’il fut un véritable lieu de rencontre des disciplines et des langages, il manifeste plus globalement le réel souci commun d’une unité de la connaissance tel que le formulait Niels Bohr, prix Nobel de physique en 1922 : « … toute expérience – qu’elle relève de la science, de la philosophie ou de l’art – susceptible d’être de quelque assistance au genre humain, doit pouvoir se communiquer par les moyens d’expression propres à l’homme, et c’est dans cette perspective que nous aborderons le problème de l’unité de la connaissance » (Physique atomique et connaissance humaine).