Tous les articles par Bénédicte

Congrès en ligne du CIRET :

« Being transdisciplinary »

Le CIRET (Centre International de Recherches et Études Transdisciplinaires) est une association fondée en 1987 par Basarab Nicolescu. En juin dernier, le CIRET a co-organisé un congrès international à Cluj-Napoca (Roumanie) avec ATLAS et l’université Texas Tech et a rassemblé des chercheurs de divers horizons. Tout le congrès est maintenant disponible sur la chaîne Youtube du CIRET. Nous retransmettons ici la session « Being Transdisciplinary in Human Sciences » modérée par le Professeur Peter J. Whitehouse (Canada).

Le projet moral du CIRET est clair : face à la fragmentation des connaissances, face à des valeurs fondées sur le déterminisme, le positivisme et le nihilisme et sur une vision du monde héritée des concepts de la physique classique, cette association travaille activement à croiser les foyers de réflexion et de décision de la vie sociale. « Face à cette situation, il convient d’encourager par tous les moyens possibles l’activité de recherche dans une nouvelle approche scientifique et culturelle – la transdisciplinarité – dans sa tentative de reconstituer une image cohérente du monde. » Ce congrès témoigne à maints égards d’un franc succès. Outre qu’il fut un véritable lieu de rencontre des disciplines et des langages, il manifeste plus globalement le réel souci commun d’une unité de la connaissance tel que le formulait Niels Bohr, prix Nobel de physique en 1922 : « … toute expérience – qu’elle relève de la science, de la philosophie ou de l’art – susceptible d’être de quelque assistance au genre humain, doit pouvoir se communiquer par les moyens d’expression propres à l’homme, et c’est dans cette perspective que nous aborderons le problème de l’unité de la connaissance » (Physique atomique et connaissance humaine).

Événement :

Le nouveau site de la SFLGC

SFLGCDepuis le 5 mars 2018, le nouveau site de la SFLGC est en ligne. Très régulièrement alimenté, il offre aux internautes une meilleure visibilité des activités scientifiques et pédagogiques de la Société Française de Littérature Générale et Comparée qui étaient jusqu’alors annoncées sur le site Vox Poetica.

Ce site permet aux comparatistes de diffuser des annonces, de connaître l’évolution contemporaine de la recherche et de l’enseignement en littérature comparée et de soumettre des publications. Il a été créé à l’initiative de Vincent Ferré. Il est mis en forme et géré par une équipe de volontaires, membres du CA de la SFLGC. Belle navigation sur ce nouveau site !

 

Appel à contributions :

« Le Moyen-Âge mort-vivant »

TrOPICS est une revue électronique pluridisciplinaire en libre accès et à comité de lecture, dirigée par l’Équipe d’Accueil DIRE (Déplacements, Identités, Regards, Écritures) de l’Université de la Réunion, dont le fondateur est Guilhem Armand. Elle propose un numéro thématique par an comprenant des articles, rubriques  Documents et Varia, en Lettres et Sciences Humaines (arts et littérature, langues et civilisations étrangères, didactique des langues, linguistique, études culturelles, anthropologie et sociologie).

La revue lance un appel à contribution pour son 7ème numéro à paraître courant 2020 et consacré au thème suivant : « Le Moyen-Âge mort-vivant » sous la direction d’Anne-Cécile Le Ribeuz-Koenig et Marc Arino.

« Les médias ne meurent jamais ; ils peuvent être abandonnés, devenir obsolètes, mais ils ne meurent pas […]. D’autre part, de façon plus positive, les « médias zombies » rendent possibles la réutilisation et le remixage, et permettent de repenser les médias anciens pour produire de nouveaux assemblages, idées, dispositifs et usages. […] Le médias sont partout, de la nature aux animaux, des rues aux écrans, aux sons et à l’électronique ; dans tout ce qui apporte des perceptions, des sensations, des souvenirs » (Pour une archéologie des virus. Entretien avec Jussi Parikka, Tracés 21, 2011-2, p. 242-243)

L’approche proposée par Jussi Parikka nous invite à reconsidérer, pour les lettres médiévales, la question du renouvellement des formes et des matières, de l’inscription dans la tradition, de l’invention du point de vue médial et médiumnique. Plus précisément, l’archéologie des médias conduit à analyser l’articulation des médias présents – les nouveaux et les morts-vivants – dans les œuvres médiévales, en s’intéressant aux effets de médiation et aux représentations magiques/surnaturelles de ceux-ci (on trouve des traces d’une représentation ‘archaïque’ sacrée du chant, comme de l’écriture, dans les œuvres médiévales). Ainsi, le concept de médias morts-vivants semble offrir des outils intéressants pour aborder les écrits des XIVe et XVe siècles, mais aussi pour penser les humanités numériques. Et les œuvres médiévales qui réfléchissent aux révolutions médiatiques du passé s’offriraient comme modèles pour penser la création et les médias imbriqués d’aujourd’hui. Il conviendrait dans ce numéro 7 de la revue TrOPICS de mener l’enquête sur les différents aspects que peuvent prendre les médias morts-vivants dans les œuvres qui nous intéressent : transposition esthétique (par exemple, la circularité de la danse et du chant informant celle du texte poétique) ; thématisation (les descriptions et représentations de scènes de performance : chant, danse, mime, lecture…) ; invention d’un medium imaginaire qui réfléchit au statut de l’œuvre intermédiale, tel un miroir parlant chez Froissart, qui met en scène une poésie lyrique à la fois circonscrite et conservée dans un support matériel, mais nostalgique de la voix. Ainsi, l’archéologie des médias conduit à changer de point de vue sur les « lettres médiévales » et aborder le texte comme un medium qui interfère avec et relaie des médias morts-vivants. Par ailleurs, on pourrait penser que les interférences, par exemple texte-voix-image, sur la page du manuscrit médiéval, constituent un modèle pour comprendre les interférences contemporaines présentes dans la création artistique et les médias numériques. L’articulation médiévale entre les médias anciens et nouveaux donne des clefs pour comprendre les médias contemporains, en résonance avec les médias préexistants – textes imprimés, voix, musiques, danses, images fixes et mobiles – en particulier dans une perspective artistique. Plus largement il serait possible d’étudier toute adaptation/recréation, dans les arts de la scène, visuels ou plastiques, d’une œuvre médiévale ou de l’imaginaire des mondes médiévaux, qui ferait preuve d’originalité/d’inventivité dans le recours à son medium, au(x) jeu(x) entre médias ou dans la représentation de performances.

 

Partage scientifique pour le séminaire de recherche M2 :

« Paul Gauguin et l’atelier des Tropiques » (B. Terramorsi)

Dans ce séminaire de recherche en Littératures Comparées, le Professeur Bernard Terramorsi propose de comparer plusieurs œuvres picturales et narratives produites par Gauguin en Polynésie au tournant du siècle.

Pour préparer ce séminaire, les Mastérants sont invités à lire l’article qu’il a publié en 2008 : « Paul Gauguin et le démon des Tropiques » (voir la référence dans la bibliographie disponible dans l’onglet « cours et séminaires »). De même, ils trouveront une riche bibliographie dans la thèse d’Isabelle Malmon soutenue en juin 2017. Belles lectures !

Pour préparer le cours de L2 :

« Lectures comparatistes : La question de l’altérité » (B. Terramorsi)

Le Professeur Bernard Terramorsi propose de traiter la question de l’altérité à partir d’un corpus de contes et légendes sur les sirènes.

Synopsis du cours : Notre appréhension de l’altérité prendra appui sur les mythologies du corps féminin et principalement sur l’étude d’un personnage mythique issu de la tradition orale malgache : Zazavavindrano (« jeune‐fille‐des‐eaux »), encore appelée dans le sud‐ouest de la Grande Île : Ampelamanañisa (« femme‐qui‐a‐des‐ouïes »). L’analyse d’un coprus de contes et légendes montrera que la sirène malgache est une extension indianocéanique du domaine mythique de la Mélusine médiévale européenne (Le roman de Mélusine , Jean d’Arras 1392). Cette entité aquatique –à la fois même et autre que la fée anguipède Mélusine–, est omniprésente dans le patrimoine oral malgache. L’étude de cette fille des eaux bifurquera finalement vers l’analyse de l’altérité féminine à demeure (la conjointe animale) ; le désir et la peur générés par la différence des sexes. Quand la femme autre de l’homme est re-présentée comme un autre de l’humain.

Pour préparer ce cours, les étudiants sont invités à lire les articles rassemblés dans un ouvrage que Bernard Terramorsi a lui-même dirigé : La fille des eaux dans l’océan Indien. Mythes, récits et représentations et tout particulièrement la préface intitulée « La femme-poisson ou l’apnée du sommeil de la raison » (Paris, l’Harmattan, 2010, p. 11-26). Ils pourront découvrir quelques contes et légendes dans l’anthologie établie et préfacée par Bernard Terramorsi, intitulée : La femme qui a des ouïes et autres récits de la tradition orale malgache (Editions K’A, 2007). Bernard Terramorsi partage aussi un article « Comment envisager le sexe de la femme ? Mythanalyse comparée de la Sirène malgache Ampelamananisa (« la fille avec des ouïes ») et de la Baubô grecque » (référencé dans la bibliographie du cours, voire l’onglet « cours et séminaires »). Enfin, les étudiants peuvent lire l’article fondamental de Claude Lecouteux sur « La structure des légendes mélusiniennes » publié dans la revue Annales. Economies, Sociétés, Civilisations (33e année, N.2, 1978, pp. 294-306). Belle lecture !

Publication :

Centres et périphéries de la littérature mondiale

Les Éditions Connaissances & Savoirs viennent de publier dans la collection « Littératures non occidentales » un ouvrage (en vente ici) dirigé par Amaury Dehoux (Université Catholique de Louvain-la-Neuve) : Centres et périphéries de la littérature mondiale, Une pensée connectée de la diversité.

En tant que système, la littérature mondiale établit des connexions mouvantes entre différentes zones géographiques, culturelles et linguistiques. C’est pourquoi les notions de centre et de périphérie se voient constamment renouvelées et demeurent d’une grande fécondité pour la critique littéraire aujourd’hui. Le présent ouvrage s’intéresse précisément à quelques actualisations remarquables du binôme centre-périphérie dans la littérature contemporaine. Il envisage les dynamiques, les dispositifs et les problématiques propres à diverses littératures non occidentales, qu’elles soient européennes (Bulgarie, Slovénie) ou extra-européennes (océan Indien, Caraïbes, monde arabe). Il interroge sur cette base la pensée du relatif et de l’universel, qui sous-tend toute littérature, et le devenir d’une telle pensée à l’ère de la globalisation. (Lire le sommaire)

Séminaire GenderMed :

« Le féminin dans l’œuvre poétique d’Adonis »

Bénédicte Letellier (Maître de Conférence en Littérature Comparée à Université de La Réunion) animera un séminaire de GenderMed (réseau thématique de la MMSH, AMU / CNRS) organisé par Randi Deguilhem le jeudi 14 juin de 10h à 12h sur le Campus Schuman (Maison de la Recherche, Aix-en-Provence). Elle abordera le thème du féminin dans l’œuvre poétique et visuelle du poète syrien Adonis.

Synopsis : Dans un dialogue avec Houria Abdelouahed, Adonis prolonge la pensée d’Ibn ‘Arabî et dit : « Tout lieu commandé par la seule virilité, est stérile. » Ainsi, pour lui, « l’homme, sans la féminité et sans cette dimension du féminin, devient une machine. » (Violence et Islam, 2015, p. 105)
Nul doute que l’art et la pensée d’Adonis célèbrent et exaltent le féminin de diverses manières. Je dirais que cela va de soi lorsqu’on est poète. Mais, si l’on n’est pas poète, à quoi voit-on qu’il y a du féminin ? Adonis associe la féminité à la fécondité, à la créativité. Bien plus qu’une question de genre, bien plus qu’une réflexion intellectuelle sur la place de la femme qui n’est qu’un des aspects de la dimension féminine du monde, le poète partage avec nous la puissance de fécondité que recèle tout être vivant. Cela passe par un lien au corps, comme une reconquête de soi. Et plus étonnamment, cela passe par une ouverture à l’autre, à notre étrangeté fondamentale. « Par toi, dit le poète, j’arrive à moi-même, je m’atteins » (Commencement du corps fin de l’océan, « Vagues », Mercure de France, 2004, p. 109). A travers ces deux parcours, vécus et évoqués avec enthousiasme par le poète, le poème esquisse de nouvelles manières d’aimer, soi-même comme un autre. Chaque fois, le poète choisit un lieu commun d’expérimentation (le corps, l’image de la femme, le mythe, le symbole, la nature…) où s’éprouve quotidiennement cette distance qui nous sépare de l’autre – femme ou homme – et de nous même et où se devine un amour possible qui sera nécessairement un lien fécond, la dimension visible du féminin.
En tant que femme, lectrice, critique et traductrice de l’œuvre poétique d’Adonis, je présenterai ce que j’y ai vu de féminin (autant dans ses poèmes que dans ses œuvres graphiques) et la manière dont je propose de le traduire.