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Scientific sharing: an Indian way of thinking about Comparative Literature (E.V. Ramakrishnan)

« Is There an Indian Way of Thinking about Comparative Literature? » E. V. Ramakrishnan argue in his paper (read it here) that Comparative Literature has to be reinvented in India. His question echoes that of A.K. Ramanujan who asked in 1989 about an Indian way of thinking (read his paper here). In the continuity of Ramanujan, he emphasizes the urgency to debate the question of « Indianness » and more precisely he questions « the very idea of India » as he puts it. As a discipline based on concern for the other, Comparative Literature in India can not ignore the plurality of Indian literary traditions and has to recognize that « Indian cannot be conceived merely in terms of nation or nation-state ». But Western modernity, imported by colonialism, favoured a thought free of any context and a standardization of theoretical categories such as the text or the reader. It has thus reinforced the eagerness to homogenize the Indian literature. E.V. Ramakrishnan gives us and compares some examples of bhasha literatures (Fakir Mohan Senapati, Vaikkom Muhammad Basheer) which are simultaneously the site of indigenous modernities as well as what Toni Morrison calls « the shareable imaginative worlds ». He concludes that « even when their modes and models came from outside they answered a need in the native socio-political context. » In the last issue of the Comparative Literature Review of 2015, Laetitia Zecchini ends her article on a similar conclusion: « G. N. Devy opposed two universal paradigms of knowledge: The figure of the « native » or « naive » (the one who is attached to his place and his land) and the figure of « picaro ». But like Kolatkar, who lived all his life in a room in Bombay, while bringing the whole world to him, first of all by books, these writers are rooted cosmopolitans, « naive picaros », who have chosen to fit into a transnational, even « improper » literary history, and to live in an open place, crossed by all the voices of the world. » (« Crisis in Literary History » ? Du « nativisme » et du provincialisme, et de quelques autres débats intellectuels en Inde », RLC, « Problèmes d’histoire littéraire indienne », 4-2015) Thus these Indian literatures reveal the emergence of alternative modernities or, to repeat the wordplay suggested in the title of a collective book edited by E.V. Ramakrishnan, Harish Trivedi and Chandra Mohan (Interdisciplinary alter-natives in Comparative Literature, 2013) « alter-native » modernities embodied by « naive picaros ». In this book, E.V. Ramakrishnan opens the discussion by recalling the need to reinvent Comparative Literature and to demystify the idea of literature. But, in a recent publication edited by M. Sridhar and Sunita Misra (Language Policy and Education in India: Documents, Texts and Debates, London and New York: Routledge, 2017) we can find an enlarged reflection on this issue which he entitled « Language, power and ideology: the changing contexts of bhasha in India ».

E.V.Ramakrishnan is a bilingual writer who has published poetry and literary criticism, in Malayalam, his first language and English. He is also a well-known translator. He has published three volumes of poetry in English: Being Elsewhere in Myself (1980), A Python in a Snake Park (1994), and Terms of Seeing: New and Selected Poems (2006). Among his critical books in English are Interdisciplinary Alter-natives in Comparative Literature (Co-edited, Sage, New Delhi, 2013), Locating Indian Literature: Texts, Traditions and Translations (Orient Blackswan, 2011) and Making It New: Modernism in Malayalam, Marathi and Hindi Poetry (IIAS, Shimla, 1995). He  is presently UGC Professor Emeritus at Central University of Gujarat, Gandhinagar, Gujarat. (Read his bio-note here).

Karin Speedy (Associate Professor in International Studies, Sydney)

Je remercie Karin Speedy d’avoir accepté de répondre à quelques questions, de nous offrir un poème inédit et de soutenir le projet de ce site. J’invite vivement les lecteurs à découvrir son blog « Embruns » dans lequel la formule poétique se marie avec la description scientifique et le récit historique.

1. Karin, comment est né votre intérêt pour la langue et la culture françaises et surtout pour les îles d’outre mer liées à la France par leur passé ?

J’ai toujours été fascinée par le langage, les langues et les histoires. D’abord, c’était la langue et la littérature anglaises qui me passionnaient. Je lisais beaucoup en tant qu’enfant et le monde imaginaire des livres me transportait ailleurs ; un ailleurs qui nourrissait mes rêves. Quand j’ai eu l’occasion de commencer à apprendre d’autres langues à partir de 13 ans, j’ai choisi le français, le latin et l’allemand. J’ai tout de suite eu un coup de foudre pour le français ! Aucune explication, c’était comme ça. J’ai continué mes études de français à l’Université d’Auckland où j’ai eu la chance de rencontrer le Professeur Chris Corne, un linguiste très connu pour ses travaux sur les langues créoles de l’Océan Indien et du Pacifique. C’était grâce à ses cours et, par la suite, ma thèse sur le créole louisianais qu’il a dirigée et dans laquelle j’ai fait une partie comparative avec les créoles de l’Océan Indien et le tayo de Nouvelle-Calédonie, que mon intérêt pour les langues, cultures et histoires des îles francophones est né.

2. Est-il partagé par un grand nombre de chercheurs Australiens ? Ou bien avez-vous un profil original parmi eux – ce que laissent penser non seulement vos domaines de recherches mais aussi votre approche interdisciplinaire et le recours à différents types d’écriture ?

Il faut préciser que je suis néo-zélandaise. C’est important car en tant qu’îlienne j’ai un lien fort avec l’Océan, le Pacifique en particulier. Les Australiens n’ont pas cette même affinité je trouve. Il n’y a pas beaucoup d’autres chercheurs en Australie qui partagent mes domaines de recherche, surtout le côté interdisciplinaire qui est fondamental dans mon profil. J’ai une collègue réunionnaise, Dr Bénédicte André, qui se spécialise dans « Island Studies » et qui fait ses recherches sur le concept de l’îléité dans les écrits des auteurs de l’Océan Indien, des Antilles et du Pacifique. Il y a une autre collègue à Wollongong, Dr Anu Bissoonauth-Bedford, qui travaille sur les langues créoles. Professeur Robert Aldrich, historien à Sydney University a aussi travaillé sur les liens historiques entre le Pacifique et l’Océan Indien.
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2017: Australia & Oceans

australiaLa Réunion dans l’océan Pacifique : approche comparée et interdisciplinaire de Karin Speedy.

Professeur à l’université Macquarie en Australie, Karin Speedy est responsable des Études françaises et francophones. Elle est aussi directrice de recherche des Études internationales. Ses recherches s’appuient non seulement sur la linguistique, l’Histoire, les études littéraires, les études des races, les études créoles, francophones et postcoloniales mais aussi sur la traduction littéraire (voir son CV). Parmi ses publications les plus récentes, il faut mentionner sa contribution sur « Les Réunionnais oubliés du Caillou : un terrain de recherche multi-situé et pluridisciplinaire traversant temps et espace » paru dans l’ouvrage collectif dirigé par Véronique Fillol et Pierre-Yves Le Meur, Terrains océaniens : enjeux et méthodes (L’Harmattan, Paris, 2014, 267-283), un article intitulé « Reflections on creole genesis in New Caledonia », paru en 2014 dans Acta Linguistica Hafniensia: International Journal of Linguistics, un autre article sur la diaspora réunionnaise dans l’océan Pacifique, « From the Indian Ocean to the Pacific: Affranchis and Petits-Blancs in New Caledonia », paru en 2012 dans Portal Journal of Multidisciplinary International Studies, Special Issue: Indian Ocean Traffic. Pour finir,  un article plus ancien sur les coolies de La Réunion, « Who were the Reunion Coolies of Nineteenth-Century New Caledonia? », paru en 2009 dans Journal of Pacific History. Tous les articles sont disponibles ici.

En 2007, Karin Speedy publie Colons, Créoles et Coolies, L’immigration réunionnaise en Nouvelle-Calédonie (XIXe siècle) et le tayo de Saint-Louis, aux Éditions L’Harmattan.

« Vu la nature très lacunaire des informations publiées sur l’histoire de l’immigration réunionnaise en Nouvelle-Calédonie au dix-neuvième siècle, il a été nécessaire de faire des recherches d’archives pour pouvoir décrire en détail cette colonisation. Ce livre a donc deux objectifs principaux : le premier étant d’écrire un épisode de l’histoire calédonienne qui jusqu’ici demeure peu connu, celui de l’arrivée et de l’implantation des Réunionnais et de leurs engagés sur la Grande Terre et le second étant de rouvrir et de trouver une solution au débat entre Chaudenson d’une part et Corne et Ehrhart d’autre part à l’égard d’un apport réunionnais au tayo. Dans le premier chapitre, je remonte aux origines du peuplement mélanésien et blanc en Nouvelle-Calédonie avant de passer, dans le chapitre 2, à l’arrivée des premiers pionniers réunionnais et de leurs travailleurs sur le sol calédonien. Puis, dans le chapitre 3, je présente le voyage d’exploration entrepris par Louis de Nas de Tourris, invité à faire un tour de l’île par le Gouverneur Guillain afin d’encourager l’immigration en provenance de la Réunion à la suite de la crise de l’industrie sucrière dans l’Océan Indien. Je décris également les débuts de la production de sucre en Calédonie et l’optimisme des immigrants réunionnais quant à l’avenir sucrier du pays. Je continue ce thème dans le chapitre 4, en décrivant l’essor rapide du sucre en Nouvelle-Calédonie, suivi presque aussi vite par son déclin dû aux catastrophes qui ont frappé les plantations. Dans le chapitre 5, je détaille l’immigration des Réunionnais qui arrivent en grand nombre vers la fin des années 1860 et pendant les années 1870. Je relève que ce groupe est hétérogène, se composant de gros Blancs, petits Blancs, Noirs, Métis, Malgaches et Indiens. Ces immigrants, libres et engagés, se regroupent essentiellement dans les circonscriptions du sud, pas loin de Saint-Louis. L’histoire des coolies indiens et autres, car ce groupe comprend aussi des gens de toutes les races, est dévoilée dans le chapitre 6. Dans le chapitre 7, je décris la situation linguistique à la Réunion au dix-neuvième siècle afin de déterminer la langue que les immigrants réunionnais et leurs engagés parlaient avant de présenter et d’analyser deux textes écrits en créole réunionnais et publiés en Nouvelle-Calédonie, des textes qui représentent, selon moi, des variétés de créole parlés par les Réunionnais en Calédonie à l’époque où le tayo était en cours de formation. J’examine les contacts entre les Réunionnais et leurs engagés et les Kanak de Saint-Louis dans le chapitre 8 et indique qu’il y avait beaucoup de possibilités pour une interaction régulière entre ces groupes. Finalement, dans la conclusion, je donne, dans un cadre théorique de créolisation, mon opinion sur la probabilité d’une influence réunionnaise dans le développement du tayo en me basant sur les informations sociohistoriques aussi bien que sur les données linguistiques exposées dans les premiers chapitres de cet ouvrage. » (Lire toute l’introduction)

Parution : « La réécriture au XXIe siècle », TrOPICS n°3

logotropicsT(r)OPICS, revue électronique des Lettres et Sciences Humaines de l’université de La Réunion, vient de publier le numéro 3, dirigé par Marc Arino (9e section) et Bénédicte Letellier (10e section), sur le thème de la réécriture.

T(r)OPICS est une revue interdisciplinaire en Lettres et en Sciences Humaines en ligne (ISSN 2271-3131), fondée par l’Equipe d’Accueil n°7387 DIRE (Déplacements, Identités, Regards, Ecritures), dirigée par Guilhem Armand. Elle propose un numéro thématique par an, dont les articles sont validés par un comité de lecture idoine selon le principe de la double lecture anonyme. La mise en page puis en ligne est effectuée par le BTCR.

Partage scientifique : Sur un film d’Ozon (Marc Arino)

cartel-el-chico-de-la-ultima-fila-ocio-cultura-teatro-espectaculos-madrid-hoyenlacitydans la maisonNous publions ici la version remaniée de la communication prononcée par Marc ARINO lors de la journée d’études intitulée « L’espace scolaire par le prisme de l’écriture littéraire et cinématographique » et organisée le 29 mai 2013 par Nicole PELLETIER (PR 12ème section) et Antony SORON (MCF HDR 9ème section) à Université Michel de Montaigne Bordeaux III, sous l’égide de l’équipe d’accueil CLARE. Cet article, intitulé « Dans la maison de François Ozon (2012) ou à l’école ? Perversité de l’enseignement de la littérature et de la relation professeur-élève », est en attente de publication dans l’ouvrage du même nom, sous la direction d’Antony SORON.

Appel à contributions pour le n°4 de la revue TrOPICS

logolcf logotropics« Dire, penser, écrire les littératures des Mascareignes : nouvelles dynamiques de recherche »

Numéro dirigé par Guilhem Armand (DIRE) et Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo (LCF).

En vue d’une publication fin 2017, les propositions de contribution sont à envoyer avant le 15 septembre 2016, pour une réponse du comité de rédaction le 30 octobre. Les articles seront alors à envoyer avant le 15 avril 2017.

Conformément aux critères de la revue, les articles seront soumis à un comité de lecture (en double aveugle) avant acceptation.

En savoir plus ici ou à l’adresse URL : http://tropics.univ-reunion.fr/accueil/

Parution : « Écriture et plasticité de pensée »

plasticitéL’essai transdisciplinaire de Marc-Williams Debono, Écriture et plasticité de pensée, préfacé par Michel Cazenave, vient de paraître en mars 2016 dans une version augmentée aux éditions Anima Viva Multilingue.

À la lumière de la littérature, de la philosophie, de la physique et des neurosciences, M.-W. Debono propose d’élargir la notion de plasticité et de la définir « comme un véritable concept épistémique ». Aujourd’hui, ce travail de recherche est essentiel pour comprendre la place fondamentale, pour ne pas dire créatrice, du sujet dans la plasticité du monde. Il y a le constat que la plasticité de pensée opère « au seuil d’expression de deux mondes ». L’auteur montre que la plasticité lie et unifie quelles que soient les interfaces d’étude. Ce faisant, elle permet de penser de nouvelles écritures, de nouvelles traces dont la plasticité révèle une part non négligeable propre à la créativité subjective, force de transformation continue et de vie. Cette réflexion a une importance capitale pour la littérature et la poésie dans la mesure où elle situe le processus de création au cœur même des sciences.

M.-W. Debono est membre actif du CIRET (Centre de Recherches et d’Etudes Transdisciplinaires), chercheur en neurosciences, poète, essayiste et fondateur de l’association Plasticités Sciences Arts. Depuis 2005, il dirige la revue transdisciplinaire de plasticité humaine Plastir qui publie des articles dont la réflexion s’inscrit dans une perspective plastique postmoderne, à la croisée de plusieurs disciplines. Depuis 1996, il a publié de nombreux travaux sur le concept de plasticité, parmi lesquels : L’ère des plasticiens : De nouveaux hommes de science face à la poésie du monde, Paris, Ed. Aubin, 1996 ; « Le code plastique de la vie », in Transdisciplinarité, Lisbonne Ed. Hugin, 1999 ; « Vers un nouvel espace de pensée », in Valéry et la Méditerranée, EdiSud, 2006 ; « Transdisciplinarity: A new approach to metadynamics and consciousness » in Transdisciplinarity: Theory & Practice, Hampton Press, USA, 2008 ; « La Plasticité de l’Esprit », in Implications philosophiques, 2012 (disponible pour la lecture ici).