Colloque international

Écotones 3

Corinne Duboin (EA DIRE, Université de La Réunion), Thomas Lacroix (MIGRINTER, UMR CNRS-Poitiers) et Judith Misrahi-Barak (EA EMMA, université Paul-Valéry Montpellier 3) organisent le troisième colloque international du programme « Écotones » qui aura lieu à Saint-Denis de La Réunion du 14 au 16 juin 2018 (voir le programme et les résumés des communications).

Un « écotone » désigne initialement une zone de transition entre deux écosystèmes, par exemple entre terre et mer. Le programme « Ecotones » (2015-2020) est un cycle de colloques qui vise à reprendre un terme propre à la géographie et à l’écologie et d’élargir le concept en l’appliquant à d’autres sciences humaines et sociales. Un « écotone » peut ainsi être également compris comme étant un espace culturel de rencontres, de conflits, de renouvellement entre plusieurs communautés (Florence Krall). Une série d’événements interdisciplinaires est ainsi organisée par EMMA (Université Paul-Valéry Montpellier 3, France), Coastal Carolina University (SC, USA) et MIGRINTER (UMR CNRS-Poitiers, France) en collaboration avec des universités partenaires. Des manifestations se sont tenues à Amsterdam (Octobre 2015, Université d’Amsterdam, Universitéd’Anvers, Université de Liège, UniversitéCatholique de Louvain et Werkgroep Caraïbische Letteren), Montpellier (Juin 2016, UniversitéPaul-Valéry Montpellier 3), Londres (Octobre 2016, Institute of English Studies, School of Advanced Studies, Universitéde London) et Poitiers (June 2017, Universitéde Poitiers). Des publications sont prévues avec les différents partenaires.

Le colloque « Ecotones 3 » a pour objectif de poursuivre l’étude interdisciplinaire de ces «écotones » dans le contexte particulier de l’océan Indien en tant qu’espace de circulation et « zone de contact » (Mary Louise Pratt). L’étude de ses écotones géoculturels, perçus non pas comme de simples lignes de démarcation et de fracture, mais également en tant qu’espaces de l’entre-deux où les tensions sont à l’œuvre, permet de mettre au jour la porosité et l’instabilité des frontières géographiques, politiques et socio-culturelles dans un monde en mouvement. L’interstice devient alors un « tiers-espace » (Bhabha, Soya) favorisant d’une part le brassage et le divers, l’émergence de nouvelles entités/identités «composites » (Glissant), des altérités hybrides nées de la rencontre ou du conflit ; produisant d’autre part des oppositions, des heurts et autres frictions. Au milieu de ces entrecroisements historiques et culturels dans l’océan Indien, ce qui relève de la vulnérabilité individuelle et collective, sociale et politique, doit aussi être au centre du débat. Si cette fragilité peut être perçue comme source de risques potentiels, elle peut aussi mener à la construction d’une plus grande résilience, qui passe par la prise de conscience de cette fragilité. L’urgence de la protection d’écosystèmes en danger ne doit pas faire oublier non plus que des populations, menacées elles aussi, sont en lien étroit avec ces écosystèmes. Le concept de « slow violence » (Rob Nixon) pourra certainement être utile dans ce contexte. Il conviendra aussi de faire émerger des pistes d’analyse sur l’extrême contemporain qui permettront de comprendre en quoi l’océan Indien peut offrir des éclairages sur l’évolution du monde dans lequel nous vivons au début du XXIe siècle, avec ses mécanismes de « déterritorialisation » (Appadurai) et de « transnationalisme mineur » (Lionnet et Shih).