Licence 2

Théorie littéraire comparatiste (Semestre 1)
B. Letellier

Cette partie du cours présentera les plus grandes théories littéraires comparatistes. Il s’efforcera de donner des outils d’analyse et d’alimenter la pensée théorique et la démarche critique de l’étudiant.

Bibliographie
Manuels étrangers
Aldrige, Alfred Owen. Comparative Literature : matter and method. Illinois : University of Illinois Press, 1969.
Dyserinck, Hugo. Komparatistik. Eine Einführung. Bonn : Bouvier, 1977.
Machado, Alvaro Manuel et Daniel-henri Pageaux. Da Literatura comparada à Teoria da Literatura. Lisbonne : Setenta, 1988.
Ouvrages généraux ou collectifs
Angenot, Marc, Jean Bessière, Douwe Fokkema et Eva Kushner. Théorie littéraire. Paris : PUF, 1989.
Etiemble. Ouverture(s) sur un comparatisme planétaire. Paris : Bourgois, 1988.
Marino, Adrian. Comparatisme et théorie de la littérature. Paris : PUF, 1988.
Roland, Hubert & Vanasten, Stéphanie (éd.), Les nouvelles voies du comparatisme, Cahier voor Literatuurwetenschap, 2(2010), Academia press, Gent, 2010.

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Lectures comparatistes : la question de l’altérité (Semestre 1)
B. Terramorsi

Notre appréhension de l’altérité prendra appui sur les mythologies du corps féminin et principalement sur l’étude d’un personnage mythique issu de la tradition orale malgache : Zazavavindrano  (« jeune‐fille‐des‐eaux »), encore appelée dans le sud‐ouest de la Grande Île : Ampelamanañisa  (« femme‐qui‐a‐des‐ouïes »). L’analyse d’un coprus de contes et légendes montrera que la sirène malgache est une extension indianocéanique du domaine mythique de la Mélusine médiévale européenne (Le roman de Mélusine , Jean d’Arras 1392). Cette entité aquatique –à la fois même et autre que la fée anguipède Mélusine–, est omniprésente dans le patrimoine oral malgache. L’étude de cette fille des eaux bifurquera finalement vers l’analyse de l’altérité féminine à demeure (la conjointe animale) ; le désir et la peur générés par la différence des sexes. Quand la femme autre de l’homme est re-présentée comme un autre de l’humain

Mots-clés
Altérité marine ; Différence des sexes ; Femme-poisson ; Mélusine ; Mythologie comparée ; Sirène ;  sexe féminin ; Zazavavindrano.

Bibliographie
ASSOUN, P.‐L., « Féminin et voix de l’ailleurs. Psychanalyse des Sirènes » in L’Autre et l’Ailleurs. Analyses et réflexions sur L’Odyssée . Paris : Ellipses, 1992.
ELIADE, M., « Les eaux et le symbolisme aquatique » in Traité d’histoire des religions, Paris, Payot, 1949, p. 198‐224.
LECOUTEUX, Cl., « La structure des légendes mélusiniennes », Annales , vol. 33, n°2, 1978, p. 294‐306 [article essentiel, en ligne sur Persée.com ].
MARBEAU‐CLEIRENS, Les mères imaginées. Horreur et vénération, Paris, Les Belles Lettres, 1988 [important].
OLENDER, M., « Aspects de Baubô », Revue de l’Histoire des Religions, CCII, 1, 1985, p. 3‐55 [important, en ligne sur Persée.com ].
SCHNEIDER, M, Le paradigme féminin, Paris, Aubier/Psychanalyse, 2004.
ROGER, A. « Vulva, vultus, phallus », in L’art d’aimer ou la fascination de la féminité, Seyssel, Champ Vallon, 1995
TERRAMORSI, B. (dir.) Les Filles des Eaux dans l’océan Indien. Mythes, récits et représentations.  Paris, L’Harmattan, 2010. Ill. coul. [cf. sélection de récits oraux en Annexes et articles analytiques]
TERRAMORSI, B. « Comment envisager le sexe de la femme ? Mythocritique comparée de la Baubô grecque et de l’Ampelamanañisa malgache » in Représentions comparées du féminin en Orient et en Occident. M.F. Bosquet et Ch. Meure (éd.) Éditions de l’université de St‐Étienne, 2011.

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Poétiques comparées : modèles, formes et genres (Semestre 2)
B. Letellier

En analysant les formes épiques de la poésie arabe contemporaine, nous verrons que la poésie peut être épique et lyrique, politique et intime, monologique et dialogique. En comparant cette poésie, profondément marquée par le déplacement et l’exil, avec la poésie essentialiste et philosophique telle qu’elle se formule dans la poésie française contemporaine, nous nous demanderons dans quelle mesure il n’y a de poème lyrique qui ne puisse être d’abord épique. Dans le paysage mondial actuel, peut-on véritablement recourir à la puissance créatrice de la poésie si elle ne se limite qu’à n’être qu’une « agence immobilière » (Henri Meschonnic) pour loger les je « perdus dans le bois de la langue » (Henri Meschonnic) ou la langue de bois ? Il s’agira donc d’ouvrir la réflexion sur les théories du langage et du rythme et, plus globalement, sur les conceptions de la poésie et du monde.
Pour initier cette vaste réflexion, nous étudierons et comparerons de plus près des poèmes de Michel Deguy (1930- ), d’Abdelwahab Meddeb (1946-2014) et de Wadih Saadeh (1948- ).

Corpus :
Michel Deguy, La vie subite, Editions Galilée, 2016.
Abdelwahab Meddeb, Portrait du poète en soufi, Editions Belin, 2014.
Wadih Saadeh, Le texte de l’absence, Actes Sud, 2010.

Bibliographie :
Michel Deguy, La poésie n’est pas seule : court traité de poétique, Paris, Le Seuil, coll. « Fiction & Cie », (99), 1987.
Michel Deguy, La Raison poétique, Paris, Galilée, coll. « La Philosophie en effet », 2000.
Judith Labarthe (dir.), Formes modernes de la poésie épique. Nouvelles approches, Peter Lang Publishing Group, 2004.
Jean-Michel Maulpoix, « Michel Deguy : Pourquoi la poésie ? », Le poète perplexe, José Corti, 2002.
Abdelwahab Meddeb, Instants soufis, préface de Christian Jambet, Paris, Albin Michel, 2015.
Abdelwahab Meddeb, L’Exil occidental, Paris, Albin Michel, 2005.
Henri Meschonnic, Dans le bois de la langue, Editions Laurence Teper, 2008.
Tiziana Migliore et Paolo Fabbri (dir.), The Architectures of Babel. Creation, Extinctions and Intercessions in the Languages of the Global World, Olschki, 2011.
Jean-Claude Pinson, Poéthique, une autothéorie, Champ Vallon, 2013.
Dominique Rabaté, Gestes lyriques, José Corti, 2013.