Licence 3

Littératures comparées 2 (Semestre 2)
B. Letellier

« la critique créatrice du point de vue arabe »

Comment lire et interpréter le mélange inextricable de la création littéraire et de la critique dans un seul texte ? Ce cours vise à explorer la dimension créatrice de la critique et inversement la dimension critique d’une fiction littéraire. La méthode comparatiste s’appliquera à lire des textes hybrides, qui par cette ambiguïté même expérimentent d’autres textes possibles.
La critique arabe ne se réduit pas à une pratique scientifique. En lisant et comparant A. Kilito et S. Stétié, on comprend que le commentaire d’un poème ou d’un récit couronne l’architecture de l’œuvre par une surenchère rationnelle et/ou esthétique. Le texte critique apparaît alors comme une variation possible du texte littéraire, un texte second qui doit combler le lecteur et combler les trous du texte source.

Corpus à lire impérativement avant le début des cours :
Abdelfattah Kilito, Dites-moi le songe, Actes Sud, 2010.
Salah Stétié, Arthur Rimbaud, Fata Morgana, 2006.

Bibliographie :
Pierre Bayard, Qui a tué Roger Ackroyd ?, Paris, Minuit, 1998.
Pierre Bayard, Enquête sur Hamlet, dialogue de sourds, Paris, Minuit, 2002.
Pierre Bayard, Comment améliorer les oeuvres ratées ?, Paris, Minuit, 2000.
Michel Butor, “La critique et l’invention”, Répertoire III, Paris, Minuit, 1968.
Michel Charles, L’arbre et la source, Paris, Seuil, 1985.
Yves Citton, Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires ?, Paris, Éditions Amsterdam, 2007.
Jacques Dubois, “Pour une critique fiction”, L’invention critique, Éditions Cécile Defaut/Villa Gillet, 2004.
Gérard Genette, Nouveau discours du récit, Paris, Seuil, 1983.
Gérard Genette, Codicille, Paris, Seuil, 2009.
Albert Thibaudet, Physiologie de la critique, Paris, Nizet, 1971.

 

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Interdisciplinarité : la littérature à l’épreuve des autres disciplines (Semestre 2)
F. Sylvos & B. Terramorsi

Partie 1. B. Terramorsi, « littérature et psychanalyse »

Formation à l’’interprétation psychanalytique des œuvres littéraires (la “textanalyse” de J. Bellemin-Noël). La fonction structurelle de l‘archéologie dans la théorie freudienne. Le mythe littéraire de Pompéï, la cité morte-vivante mêlant Eros (Vénus pompeiana et les idoles priapiques) et Thanatos (le Vésuve mortifère) le vénusien et le vésuvien. Gautier et Jensen mettent au centre de leurs fictions pompéiennes une femme volcanique qui fait renaître l’amour de ces couches de cendres. Le conflit entre l’érotisme gréco-latin et l’ascétisme chrétien, entre l’épigraphe placée sous un phallus de terre cuite « Hic habitat Félicitas » et l’épitaphe chrétienne « Hic Jacet ».

Corpus :

-Th. Gautier, Arria Marcella. Souvenir de Pompéi. [1852] Edition au choix.

-W. Jensen, “Gradiva. Fantaisie pompéienne” in S. Freud, Le délire et les rêves dans la « Gradiva » de W. Jensen. [1904]. Edition au choix mais dans la traduction de J. Bellemin-Noël.

Bibliographie :

Assoun, P.L., Littérature et Psychanalyse. Freud et la création littéraire. Ellipses, 1998.

Aziza, Cl. Pompéi, le rêve sous les ruines. Paris, Presses de la Cité, coll. 3Omnibus », 1992.

Bellemin-Noël, J. :

    – Psychanalyse et Littérature. PUF 2e édition, 2012.

    – Lire de tout son inconscient, P.U de Vincennes, 2011.

La psychanalyse du texte littéraire, coll. 128, 2010.

Etienne, R. Pompéi, la cité ensevelie. Découverte Gallimard, 1988.

Flem, L. “L’archéologie chez Freud”, Nouvelle Revue de Psychanalyse n°26, “L’archaïque”, 1982, pp. 71-94.

Freud, S. Freud et la création littéraire.  Choix de textes. Paris : PUF, 2010.

Milner, M. Freud et l’interprétation de la littérature. Paris : Sedes, 1980.

 

Partie 2. F. Sylvos, « Littérature et esthétique : le comique »

Science du beau ou critique du goût, l’esthétique est la science des effets dans l’art et la littérature. On s’attachera à cerner les effets recherchés par la littérature à travers différents usages et degrés du comique. Une présentation générale des différentes variétés du rire et de ses enjeux précédera une recherche, menée à partir des œuvres au programme, sur les frontières et hybridations du comique avec d’autres émotions telles que l’ivresse, l’angoisse, ou l’horreur.

Corpus :
Théophile Gautier, Les jeunes France et autres récits humoristiques,  Patrick Berthier (éd.), Paris, Garnier Flammarion, 2013.
Auguste de Villiers de l’Isle Adam, Contes cruels, Pierre Reboul (éd.), Paris, Folio, 1983.

Bibliographie :

Buffard-Moret, Brigitte (dir.), Bons mots, jeux de mots, jeux sur les mots. De la création à la réception, Presses de l’Université d’Artois, 2015.
Escarpit, Robert, L’humour, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1991.
Freud, Le mot d’esprit et ses rapports avec l’inconscient, Paris, Gallimard, 1971.
Grojnowtski, Daniel, Aux commencements du rire moderne, l’esprit fumiste, Paris, Corti, 1997.
Humoresques [Revue], et en particulier Humoresques, n° 21, janvier 2005 (« Rires partagés. Humour, oralité et connivence »), Alain Vaillant et Élisabeth Pillet dir.
Refort, Lucien, La caricature littéraire, Paris, Armand Colin, 1932.
Ridiculosa [revue consacrée au comique dans les arts visuels].
Otrante [revue], n° 15, printemps 2004, Le Rire fantastique. Grotesque, pastiches, parodies.
Romantisme [revue], 1991, n°74. Rire et rires.
Sternberg-Greiner, Véronique, Le Comique, Flammarion, « GF-Corpus/Lettres », 2002.

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Littératures comparées 1 (Semestre 1)
B. Terramorsi

« les fantastiques »

Si le sentiment du fantastique peut être universel, les formes narratives et littéraires qui en assument les effets sont extrêmement diverses et ne se réduisent pas au « genre fantastique » tel qu’il se développa et fut théorisé au début du XIXe, en Europe puis aux États-Unis. L’approche comparatiste montre qu’il est vain de chercher des modélisations et des conceptualisations universelles, prétendument valides pour tous les champs culturels et littéraires.
On analysera d’abord les figures de l’indicible, de l’irreprésentable ou de l’effroi, au sein du fantastique classique (XIXe) enraciné dans le surnaturel (légendaire païen, croyances populaires). Puis on s’intéressera aux fictions fantastiques du XXe siècle émancipées du surnaturel et poussant à son comble la fiction réaliste : des textes articulés sur une chose qui arrive « réellement » là … tout en restant hors langage –horla– ; une catégorie de récits aporétiques qui échouent à dire ce dont ils parlent.

Corpus (les oeuvres doivent être lues avant le cours)
• P’ou Song-Ling (Chine) « Le fantôme mordu » in Anthologie du Fantastique, tome 2, R. Caillois (éd.). Gallimard, 1968. (texte polycopié)
• Washington Irving (Etats-Unis), « Rip Van Winkle » (1819) ; William Austin, « Peter Rugg The Missing Man » (1825) in Trois récits fantastiques américains. Edition critique de B. Terramorsi. Paris : José Corti, 1997.
• Julio Cortázar (Argentine), Façons de perdre Paris, Gallimard, 1978.

Bibliographie critique :
Europe « Les Fantastiques », n° 611, mars 1980.
• Roger Bozzetto, Arnaud Huftier,  Les Frontières du Fantastique, Presses Universitaires de
Valenciennes, 2004.
• J.-L. Steinmetz,  La littérature fantastique, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1990.
• Bernard Terramorsi,  Le fantastique dans les nouvelles de Julio Cortázar. L’Harmattan, 1994.
• Bernard Terramorsi,  Henry James ou le sens des profondeursEssai sur les nouvelles fantastiques. L’Harmattan, 1996L’Harmattan, 1996.

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Littérature et art (Semestre 2)
B. Terramorsi

Formation à la lecture des œuvres picturales.  Analyse comparée des langages iconiques et narratifs. L’œuvre picturale qui cite ou représente un texte, du déjà-lu mis en image (mythe, légende…) ; et aussi la fiction littéraire qui cite des peintures, des images, moins comme des illustrations que des références esthétiques induisant une lecture croisée du texte et de l’image de référence.
Exemple du Nightmare de H. Fussli (1783) traduction picturale d’une croyance (le démon persécuteur nommé “cauchemar”), d’un scénario mythique (démon étouffeur) et de la signification nominale du terme night-mare. Et encore les titres en langue maorie de Gauguin, peints/écrits dans ses toiles polynésiennes (Manao tupapau, Nave nave fenua, …)

Bibliographie
– FREUD, S. Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci. Gallimard, 1987
– LANEYRIE-DAGEN, N. Lire la peinture dans l’intimité des oeuvres. Paris, Larousse, 2012.
– TERRAMORSI, B. :
-« Portait du revenant de poids. Un aperçu du cauchemar en peinture » in B. Terramorsi (ed), Le cauchemar. Mythe, littérature et arts. Paris,  SEDES, 2001.
– « The Nigthmare de H. Füssli et la mythologie du cauchemar », in Ecritures du Fantastique en littérature et en peinture. La littérature et les arts, vol. 4. F. Montaclair (edit.). Besançon : Presses du Centre UNESCO de Besançon, 1998.