Poésie et science : l’évidence de l’indémontrable (Bénédicte Letellier)

Poésie et science : l’évidence de l’indémontrable (Bénédicte Letellier)

Poésie et science / Poetry and Science:

Conférence le mardi 27 octobre à 18h :

Depuis le XVIIIe siècle, dans les pays occidentaux, la poésie et la science ont souvent été considérées comme des disciplines opposées. Mais si C. P. Snow les divisait encore en 1959 en deux cultures différentes, bien implantées jusqu’à présent dans l’opinion publique, de nombreux scientifiques et poètes voient aujourd’hui leur opposition comme complémentaire. En effet, comme chacun sait, la science repose principalement sur des processus de pensée rationnels tandis que la poésie est principalement constituée de l’imagination. Ou, comme l’a dit Peter Medawar, la science est l’art du « soluble » tandis que la poésie est l’art de « l’insoluble ». Les deux sont des moyens essentiels de compréhension. Mais quelle que soit l’apparente opposition ou l’apparente complémentarité, il est temps de s’interroger sur le lien entre poésie et science : que partagent-elles ? Comme le note Basarab Nicolescu, « la science fondamentale a les mêmes racines que la religion, l’art et la mythologie » (Nicolescu, 2014). Le cas de la poésie est particulièrement intéressant car, tel que défini par Michel Camus dans un livre très brillant, la poésie est avant tout un « champ de conscience infiniment ouvert dans le langage comme un trou dans le langage » (Camus, 2002). Supposons donc que science et poésie soient intimement liées et que leurs points de rencontre et leurs racines communes puissent nous révéler un nouveau champ de conscience qui est un niveau de réalité bien plus vaste que ceux que nous connaissons déjà. À quoi ressembleraient-ils d’un point de vue transdisciplinaire?

 

Since the 18th century, in Western countries, poetry and science have often been seen as opposing disciplines. But if, in 1959,  C. P. Snow still divided them into two different cultures, well established until now in public opinion, today many scientists and poets see their opposition as complementary. Indeed, as everyone knows, science relies primarily on rational thought processes while poetry is primarily made up of the imagination. Or, as Peter Medawar said, science is the art of the « soluble » while poetry is the art of « the insoluble ». Both are essential means of understanding. But whatever the seeming opposition or the apparent complementarity, we must now ask ourselves about the overlap between poetry and science: what do they share? As Basarab Nicolescu notes, “basic science has the same roots as religion, art and mythology” (Nicolescu, 2014). The case of poetry is particularly interesting because, as defined by Michel Camus in a very brilliant book, poetry is above all a “field of consciousness infinitely open within language like a hole in language” (Camus, 2002). Suppose, then, that science and poetry are intimately linked, that their meeting points and common roots can reveal to us a new field of consciousness which is a much larger level of reality than those we already know. What would they look like from a transdisciplinary point of view?

Bénédicte

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