Archives de catégorie : Contributions

Contribution de la promotion des L3

« Les eaux et la littérature »

Découvrez le travail collectif des étudiants de licence 3, entrepris dans le cadre d’un cours sur les problématiques littéraires. Après avoir exploré les liens entre l’eau et la littérature, à la manière de Bachelard, nous avons élargi la réflexion au rôle de la littérature dans les humanités océaniques.

La video est disponible dans l’onglet ”Oceanic Humanities” – Topics and talks.

J’aimerais saluer le travail des étudiants car ils ne savaient pas qu’au terme de leur travail, ils seraient enregistrés. Le film a été réalisé et monté par Bénédicte Letellier.

Partage :

« Universalizing the Indian Ocean » (Isabel Hofmeyr)

Je vous invite à lire l’article d’Isabel Hofmeyr, Professeur de littérature africaine à l’université de Witwatersrand (Johannesbourg) : « Universalizing the Indian Ocean » (Publications of the Modern Language Association of America 125(3):721-729, 2010). Dans cet article, Isabel Hofmeyr montre comment l’océan Indien, par son histoire, ébranle la vision binaire du local résistant et du global dominant. En effet, dans cette partie du globe, la rencontre des anciennes diasporas et des nouveaux empires dessine des universalismes concurrents qui interrogent fortement le pouvoir de l’état nation. Cet article, comme son ouvrage intitulé South Africa and India: Shaping the Global South (Johannesburg: Witwatersrand University Press, 2011), me permettent ici d’annoncer et d’introduire une réflexion sur le même thème, la mondialisation dans l’océan Indien, et qui sera menée dans l’un des panels de la seconde conférence internationale de l’OSOI (20-21 novembre 2019, université de La Réunion). Lisez donc en avant première le programme de ce panel intitulé « Océan Indien et océan mondial : quelle mondialisation ? ».

Partage réflexif et créatif d’étudiants :

la critique fiction

 Dans le prolongement du cours de Littérature Comparée de licence 3 sur le thème de la critique fiction (résumé disponible dans l’onglet « cours et séminaires »), Yaëlle Dijoux, Morgane Dandin et Leslie Fivria partagent ici une étude comparée de deux extraits de Dites-moi le songe d’Abdelfattah Kilito et de Rimbaud, le huitième dormant de Salah Stétié. Elles interrogent la notion d’authenticité de la critique comme de la fiction : dans quelle mesure peuvent-elles être conformes à la/une vérité et la servir ? Pour le dire vite, en quoi la critique aurait-elle besoin de la fiction pour être vraie autant que conforme à la/une vérité ? Et si la critique fiction d’un Kilito ou la critique créatrice d’un Stétié sont vraies, que nous disent-elles du texte fictif et de la réalité observée ?

De même, dans le prolongement de ce même cours et d’une initiation à la recherche, Daphné Bérenger partage ici un texte écrit à partir des poèmes de Rimbaud, à la manière de Sophie Rabau interpolant Rimbaud dans B. comme Homère (Anarchasis Editions, 2016). D’une matinée d’ivresse, elle interpole donc Rimbaud par le biais d’un traducteur et critique chinois qui célèbre l’infernale ivresse…

Enfin, les deux peintures ci-dessus ont été réalisées par Aurélie Lauret et inspirées par un poème de Bénédicte Letellier.

2018: En hommage aux femmes syriennes…

Randi Deguilhem (historienne, directrice de recherche au CNRS, TELEMME, Aix-en-Provence) nous offre la diffusion complète du documentaire (cliquer ici) « Paroles de Damascènes » qu’elle a réalisé de 2008 à 2010 par ses propres moyens. C’est sous la forme d’entretiens avec plusieurs femmes de Damas, au parcours très différent, que le film nous permet d’entendre la voix de femmes arabes. Elles parlent de leur vie privée, de leur expérience professionnelle et partagent spontanément leur regard sur la Syrie d’avant la guerre. Ce film dévoile ainsi au public occidental une Syrie non seulement accueillante mais aussi attentive à une activité intellectuelle et culturelle riche et ouverte au monde. Ces femmes ambitieuses, optimistes, conscientes de leur place et de leur rôle dans la société, déconstruisent certains stéréotypes occidentaux.

Chaque portrait complète et confirme celui des trois femmes syriennes filmées par le réalisateur syrien Bassel El-Khatib dans « Mariam » (2014). Ce film, prisé au festival d’Oran et de Dakhla, relate l’histoire de trois femmes qui partagent le même nom et qui vivent chacune à une époque de guerre. C’est, selon les mots du réalisateur, « une ode à la femme syrienne » et un hommage à la vierge Marie qui enseigne l’amour et la bonté. Il est évident que ces deux films sont un hymne à la femme syrienne qui, en temps de guerre ou non, participe pleinement à la stabilité et au développement serein du pays. Comme l’affirme l’un des personnages du film d’El-Khatib, « si la guerre fait ressortir le pire des hommes, elle montre aussi le meilleur chez certains d’entre eux ». Mais, de manière plus symbolique, ces deux films sont des hymnes à l’amour et à l’humanité nécessaires en ces temps de détresse.

Partage scientifique : La science-fiction et la troisième révolution industrielle (Marc Arino)

Marc Arino (Maître de conférences en Littératures francophones à l’université de La Réunion, CV) a partagé ici un article sur « Viralités, parasitages et piratages dans Transcendance (2014) de Wally Pfister », proposé en vue de la publication des actes du 5ème Colloque Stella Incognita « Viralités, parasitages et piratages en science-fiction » qui s’est déroulé à l’université de Bordeaux Montaigne les 20 et 21 octobre 2016 sous la direction de Danièle André (Université La Rochelle), Florent Favard, Aurélien Mérard et Natacha Vas-Deyres (Université Bordeaux Montaigne). Cet article sera très prochainement publié dans la revue TrOPICS.

Interview avec Basarab Nicolescu : « La physique quantique nous apprend à penser ».

Je remercie vivement Basarab Nicolescu pour m’avoir autorisée à diffuser ici son interview accordée à Charles-Maxence Layet et parue dans le Hors-série n°10 de Kaizen, « Souffle quantique », en novembre 2017.

Basarab Nicolescu est un physicien, théoricien spécialiste de la physique quantique, et écrivain français d’origine roumaine. Ses principales activités de recherche ont largement contribué à renouveler la pensée occidentale, les pratiques et les méthodes scientifiques en vulgarisant sa théorie fondamentale du tiers secrètement inclus. Il est chercheur honoraire du CNRS et fondateur du Centre International de Recherches et d’Etudes Transdisciplinaires (CIRET). J’invite les lecteurs de ce site à lire tout particulièrement trois de ses ouvrages : Nous, la particule et le monde (Editions Le Mail, 1985), Qu’est-ce que la réalité? (Montréal, Liber, 2009) et From Modernity to Cosmodernity (State University of New York Press, 2014).

Partage scientifique : Sur la littérature comparée (Hitoshi Oshima)

Hitoshi Oshima est Professeur de Littérature Comparée et de littérature japonaise à l’université de Fukuoka au Japon. Il a été Président de l’Association japonaise de Littérature Comparée, fonction assumée actuellement par Masahiko Nishi. Avant d’enseigner à l’université de Fukuoka, il a enseigné à Barcelone, Lima, Buenos Aires et Paris. Il est aussi l’un des fondateurs de l’université libre de Karatsu, pilotée bénévolement par quatorze chercheurs de diverses disciplines et dont l’objectif est d’offrir un « apprentissage vivant », de partager des méditations et des réflexions avec un large public sur l’évolution du monde. Les voyages et le parcours professionnel d’Histoshi Oshima sont à l’image de son cheminement intellectuel qui privilégie une pensée dynamique et exprime le souci d’une subjectivité ouverte. Ses réflexions publiées en anglais ou en français se fondent sur une démarche comparatiste clairement pragmatique, destinée avant tout à explorer un espace de rencontres possibles à la lumière desquelles l’individu pourrait élargir sa compréhension du monde et sa propre conscience. Dans une perspective plus globale, Hitoshi Oshima compare des littératures, des visions du monde, des philosophies pour « ne rien négliger » et ne rien mépriser de ce qui est dans le monde, autrement dit, pour penser et agir en rapport avec ce qui est et non avec ce qui devrait être. Dans l’un de ses derniers articles, « Ethics in Myth and History » (Juin 2016), il démontre de manière magistrale à quel point l’éthique fondée sur une vision mythique du monde peut s’avérer plus adaptée au réel et plus juste qu’une éthique fondée sur une vision historique du monde. Tous ses écrits disponibles en langue occidentale permettent d’entrevoir une conception à la fois philosophique et pragmatique de la littérature comparée et plus certainement un enjeu éthique éminemment universel. J’invite vivement tous les lecteurs à lire ses textes disponibles sur son site et à lire ses réponses à mes questions.

1. En quoi la littérature et/ou la pensée japonaises ont-elles pu influencer votre manière de comparer les textes et de penser la littérature à savoir, si j’ai bien compris, comme une dynamique du vivant ?
La pensée japonaise est fondamentalement vitaliste. Traditionellement parlant, la poésie occupe une place importante dans l’esprit des Japonais. Ces deux éléments doivent avoir exercé une influence sur ma façon de penser et voir la literature, sûrement.
Mais il faut dire qu’en ce qui concerne le comparatisme, celui qui m’a beaucoup inspiré est Claude Lévi-Strauss. La pensée sauvage et Tristes Tropiques sont des livres qui m’ont ouvert un horizon intellectuel d’une manière ineffaçable.  
 
2. Dans un article sur Kitaro Nishida, vous démontrez que sa conception philosophique du « champ » permet de lever les paradoxes de la pensée binaire et que, contrairement à la dialectique hégélienne ou à la philosophie de Parménide qui effacent la dualité, cette notion de champ reconnaît toute possibilité de relations y compris contradictoires et conflictuelles. Comment transposez-vous cette notion de champ, philosophique et physique, à la littérature comparée ? En quoi, selon vous, le champ défini par Nishida pourrait-il être un enjeu fondamental pour définir la littérature universelle?
D’après Nishida, le monde est à la fois contradictoire et identique à soi-même. La littérature comparée suivant cette prémisse serait une volonté de saisir l’universel sans perdre de vue la particularité et la multiplicité de toutes les littératures existantes dans le monde.  
   
3. Que pensez-vous de la littérature mondiale ou world literature ?
Je l’accepte en tant qu’elle n’exclut pas ou ne perd pas de vue la particularité et la multiplicité des littératures qui se créent dans différents espaces et temps. Car il est aussi important de penser à l’universel qu’au particulier.

4. Dans un article sur l’éthique de la critique, vous rappelez l’une des recommandations de Camus « Ne rien mépriser ». Diriez-vous que l’éthique du comparatiste, quelle que soit la discipline, se fonde avant tout sur l’amour du même et de l’autre ?
Exactement.

5. Que peut, selon vous, la littérature comparée en temps de détresse et de guerres ?
Employant les mots de « Candide », la littérature comparée est un beau jardin à cultiver même si elle ne peut faire apparemment grand-chose au monde actuel. De plus, puisqu’il est important qu’un enfant connaisse un monde littéraire d’une culture différente à la sienne, ce qui lui ouvrira la porte pour rencontrer l’autre, la littérature comparée a des choses à faire dans le milieu éducatif.