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2017: Australia & Oceans

australiaLa Réunion dans l’océan Pacifique : approche comparée et interdisciplinaire de Karin Speedy.

Professeur à l’université Macquarie en Australie, Karin Speedy est responsable des Études françaises et francophones. Elle est aussi directrice de recherche des Études internationales. Ses recherches s’appuient non seulement sur la linguistique, l’Histoire, les études littéraires, les études des races, les études créoles, francophones et postcoloniales mais aussi sur la traduction littéraire (voir son CV). Parmi ses publications les plus récentes, il faut mentionner sa contribution sur « Les Réunionnais oubliés du Caillou : un terrain de recherche multi-situé et pluridisciplinaire traversant temps et espace » paru dans l’ouvrage collectif dirigé par Véronique Fillol et Pierre-Yves Le Meur, Terrains océaniens : enjeux et méthodes (L’Harmattan, Paris, 2014, 267-283), un article intitulé « Reflections on creole genesis in New Caledonia », paru en 2014 dans Acta Linguistica Hafniensia: International Journal of Linguistics, un autre article sur la diaspora réunionnaise dans l’océan Pacifique, « From the Indian Ocean to the Pacific: Affranchis and Petits-Blancs in New Caledonia », paru en 2012 dans Portal Journal of Multidisciplinary International Studies, Special Issue: Indian Ocean Traffic. Pour finir,  un article plus ancien sur les coolies de La Réunion, « Who were the Reunion Coolies of Nineteenth-Century New Caledonia? », paru en 2009 dans Journal of Pacific History. Tous les articles sont disponibles ici.

En 2007, Karin Speedy publie Colons, Créoles et Coolies, L’immigration réunionnaise en Nouvelle-Calédonie (XIXe siècle) et le tayo de Saint-Louis, aux Éditions L’Harmattan.

« Vu la nature très lacunaire des informations publiées sur l’histoire de l’immigration réunionnaise en Nouvelle-Calédonie au dix-neuvième siècle, il a été nécessaire de faire des recherches d’archives pour pouvoir décrire en détail cette colonisation. Ce livre a donc deux objectifs principaux : le premier étant d’écrire un épisode de l’histoire calédonienne qui jusqu’ici demeure peu connu, celui de l’arrivée et de l’implantation des Réunionnais et de leurs engagés sur la Grande Terre et le second étant de rouvrir et de trouver une solution au débat entre Chaudenson d’une part et Corne et Ehrhart d’autre part à l’égard d’un apport réunionnais au tayo. Dans le premier chapitre, je remonte aux origines du peuplement mélanésien et blanc en Nouvelle-Calédonie avant de passer, dans le chapitre 2, à l’arrivée des premiers pionniers réunionnais et de leurs travailleurs sur le sol calédonien. Puis, dans le chapitre 3, je présente le voyage d’exploration entrepris par Louis de Nas de Tourris, invité à faire un tour de l’île par le Gouverneur Guillain afin d’encourager l’immigration en provenance de la Réunion à la suite de la crise de l’industrie sucrière dans l’Océan Indien. Je décris également les débuts de la production de sucre en Calédonie et l’optimisme des immigrants réunionnais quant à l’avenir sucrier du pays. Je continue ce thème dans le chapitre 4, en décrivant l’essor rapide du sucre en Nouvelle-Calédonie, suivi presque aussi vite par son déclin dû aux catastrophes qui ont frappé les plantations. Dans le chapitre 5, je détaille l’immigration des Réunionnais qui arrivent en grand nombre vers la fin des années 1860 et pendant les années 1870. Je relève que ce groupe est hétérogène, se composant de gros Blancs, petits Blancs, Noirs, Métis, Malgaches et Indiens. Ces immigrants, libres et engagés, se regroupent essentiellement dans les circonscriptions du sud, pas loin de Saint-Louis. L’histoire des coolies indiens et autres, car ce groupe comprend aussi des gens de toutes les races, est dévoilée dans le chapitre 6. Dans le chapitre 7, je décris la situation linguistique à la Réunion au dix-neuvième siècle afin de déterminer la langue que les immigrants réunionnais et leurs engagés parlaient avant de présenter et d’analyser deux textes écrits en créole réunionnais et publiés en Nouvelle-Calédonie, des textes qui représentent, selon moi, des variétés de créole parlés par les Réunionnais en Calédonie à l’époque où le tayo était en cours de formation. J’examine les contacts entre les Réunionnais et leurs engagés et les Kanak de Saint-Louis dans le chapitre 8 et indique qu’il y avait beaucoup de possibilités pour une interaction régulière entre ces groupes. Finalement, dans la conclusion, je donne, dans un cadre théorique de créolisation, mon opinion sur la probabilité d’une influence réunionnaise dans le développement du tayo en me basant sur les informations sociohistoriques aussi bien que sur les données linguistiques exposées dans les premiers chapitres de cet ouvrage. » (Lire toute l’introduction)

Conférence : « À quoi bon lire des poèmes aujourd’hui ? »

You are not a drop in the ocean - ancient Persian poet and philosopher Rumi quote printed on grunge vintage cardboardConférence à la Bibliothèque Départementale de la Réunion le mardi 19 avril 2016 de 18h30 à 19h30, présentée par Bénédicte Letellier (membre du Centre de recherche DIRE, Déplacements, Identités, Regards, Écritures, Université de la Réunion).

Depuis la question d’Hölderlin (1770-1843), « À quoi bon des poètes en temps de détresse ? », il est aisé d’observer que les poètes ne sont pas une espèce en voie de disparition et qu’avec le développement des ressources électroniques et des réseaux internet, ils prennent même une place non négligeable dans l’espace public. Aujourd’hui, si la nécessité de la poésie pour l’évolution harmonieuse des sociétés n’est plus à prouver du point de vue des poètes, elle reste fortement mise en doute par tous les autres. À quoi bon lire des poèmes dont le sens est caché, voire incompréhensible, dont le message – s’il existe – apparaît très éloigné non seulement des préoccupations quotidiennes et vitales des individus mais aussi de l’actualité politique et sociale des pays ? À quoi bon lire des poèmes qui, au mieux, nous bercent par de sublimes images et des rythmes divins, lorsque nos douleurs et nos souffrances nous empêchent de goûter la finesse des vers et la puissance des mots, lorsque nos mensonges et nos espoirs ne suffisent à combler nos manques et nos désirs ?
L’exemple de quelques poèmes, nés sur les rives lointaines de l’océan Indien, dérivés de traditions mystiques orientales, laissent apparaître une méthode universelle de connaissance créative qui répond à la question du Comment vivre ? et apaise indéniablement l’agitation du mental.

Colloque : « Thirukkural : éthique et représentations. La Vertu, la Fortune et l’Amour »

affiche thirukkural2Le colloque Thiruvalluvar, organisé par Florence Callandre-Barat (Université de la Réunion, membre titulaire du laboratoire ASIES-CROIMA de l’INALCO), le Docteur Selvam Chanemougame (Président de Tamij Sangam) et Siva Someswaran (Professeur de tamoul à la Réunion), aura lieu du 14 au 16 avril 2016 à l’université de la Réunion, inauguré le jeudi 14 avril à 10h dans l’amphi bioclimatique, Amphi 550.

« Le Thirukkural, depuis le début de notre ère, a guidé et défini l’art de vivre tamoul. Il est constitué de trois parties : la première, Aram, consacrée à la sagesse, la seconde, Poroul, à la fortune et la troisième, Inbam/Kâmam, à l’amour. Ces trois thèmes qui ne sont pas exclusivement tamouls mais partagés avec le reste de l’Inde, plus souvent présentés sous leur forme sanscrite, dhârma, artha, kâma (ordre, profit et plaisir), sont les trois premiers buts de la vie d’un hindou, le quatrième étant la moksha, la libération du cycle de réincarnations. Les deux premières parties du Thirukkural sont moralisatrices et la troisième partie, le Kâmattupâl, en français, « Le Livre de l’Amour », est moins formelle. Le Livre de l’Amour n’est pas un index érotique comme l’est le kâmasutra sanscrit. Il se conforme au ton général de la littérature tamoule la plus ancienne, sans mythologie. Le Thirukkural est classique, non-sectaire et facilement mémorisable, ce qui explique certainement qu’il n’a pas connu l’oubli qui a affecté d’autres textes anciens. Chaque kural, chaque stance est coulée dans un distique de 7 pieds. Si son contenu est éternel et universel, la forme de cette œuvre est spécifiquement tamoule. Quoi qu’il en soit, elle a été traduite dans une multitude de langues indiennes et étrangères autant que la Bible, dit-on. Il en existe une dizaine de versions dont la moitié seulement est imprimée et c’est l’édition du XIIIe siècle qui sert de base à toutes les traductions actuelles.

Ce qui préoccupe l’auteur du Thirukkural, poète moraliste, est le bonheur sur terre pour tous. Le Thirukkural n’est pas considéré spécifique du temps où il a été composé et n’est pas limité au pays où il a pris naissance. Il n’y est ni question de pays tamoul, ni de langue tamoule même si l’auteur est tamoul et écrit en tamoul. Son auteur prend en compte la vie dans toutes ses dimensions et s’ouvre aux mondes. » (FCB)

Téléchargez le programme.

 

Hanitra Sylvia ANDRIAMAMPIANINA (Professeur de littérature comparée à Madagascar)

Blason_toliaraHanitra Sylvia Andriamampianina, Professeur de littérature comparée à l’université de Toliara, directrice du Centre Universitaire Régional Androy et chercheur associée au centre de recherche DIRE de l’université de la Réunion, nous fait le plaisir de soutenir le projet de ce site en partageant l’actualité de ses recherches (à suivre dans son CV).

Dans Recherches et engagements d’une comparatiste malagasy, document de synthèse qu’elle a présenté en 2010 pour son HDR sous la direction du Professeur Bernard Terramorsi, Hanitra Sylvia Andriamampianina montre l’importance du rôle des intellectuels gasy et plus précisément la nécessité de développer la recherche comparatiste pour affermir une véritable « indépendance culturelle ». Dans la lignée des travaux pionniers de Jean Paulhan, publiés dès 1911 sur les hainteny (forme de poème malgache comparable au pantun malais), et de la thèse fondatrice de Bakoly Domenichini-Ramiaramanana, Du ohabolana au hainteny (1979), elle esquisse, sur un plan plus général, pratique et théorique, des perspectives de recherche pour penser l’articulation du local (gasy) et de l’universel.

Zhang Longxi (Professor of Comparative Literature, Hong-Kong)

Zhang LongxiZHANG Longxi is currently Chair Professor of Chinese and Comparative Literature at the City University of Hong-Kong. We would like to convey our sincere thanks to Professor Zhang for  supporting the project of this website and allowing us to publish his short CV. We invite our readers to discover his thought through his publications.

He holds an MA in English from Peking University and a Ph. D. in Comparative Literature from Harvard University. He had taught at Peking, Harvard, and the University of California, Riverside. He was elected a foreign member of the Royal Swedish Academy of Letters, History and Antiquities in 2009 and a foreign member of Academia Europaea in 2013. He serves as an Advisory Editor of New Literary History, and an Editor-in-Chief of the Journal of World Literature. He has published more than 20 books and numerous articles in both English and Chinese in East-West comparative studies. His major English book publications include:

The Tao and the Logos: Literary Hermeneutics, East and West (Duke, 1992); Mighty Opposites: From Dichotomies to Differences in the Comparative Study of China (Stanford, 1998); Allegoresis: Reading Canonical Literature East and West (Cornell, 2005); Unexpected Affinities: Reading across Cultures (Toronto, 2007); and most recently, From Comparison to World Literature (SUNY, 2015).

2016 : China & world literature


Chinese horoscope La littérature comparée vue par Qian Zhongshu (1910-1998) :

Qian Zhongshu, encore trop peu connu en Occident, est un comparatiste, considéré par Nicolas Chapuis – lequel a traduit en français quelques unes de ses œuvres littéraires et critiques – comme « le père de l’école chinoise de littérature comparée ». L’un des principes fondamentaux de sa pensée consiste à voir l’harmonie plutôt que l’uniformité, dans une perspective globale de la littérature mondiale. Nombre de ses études comparées montrent avec force l’éclairage que les traditions chinoises et occidentales peuvent s’apporter mutuellement pour une réelle compréhension interculturelle. Mais il doit la part la plus brillante de sa pensée à son honnêteté intellectuelle autant qu’à son érudition, comme en témoigne ce qu’il répond au Professeur Zhang Longxi qui le saluait pour ses importantes contributions en littérature comparée: « Ce que j’ai fait n’est pas du tout de la littérature comparée mais seulement de l’éclectisme », tel que le définit Diderot.

Prolongement : la littérature mondiale selon Zhang Longxi (Université de Hong-Kong)

Son dernier ouvrage paru en 2015, From Comparison to World Literature, rend hommage à la pensée de Qian Zhongshu mais aussi à celle de Goethe, tout en partageant avec Franco Moretti (Université de Stanford) l’idée qu’aujourd’hui la littérature comparée pourrait véritablement dépasser l’eurocentrisme ou toute autre forme d’ethnocentrisme. Selon lui, il est alors nécessaire que les réflexions comparatistes se fondent sur des connaissances et des théories aussi bien occidentales qu’orientales, même si de nos jours la littérature mondiale reste encore, dans la pratique, un concept flou qui change selon les besoins et les contextes locaux. Vu de l’océan Indien et plus précisément de la Réunion, cet ouvrage est incontournable : il nous invite, pour 2016, à questionner les tensions entre le local et l’universel, à chercher à la manière de Qian Zhongshu l’harmonie plutôt que la conformité ou l’uniformité.

Journée d’étude le 30 octobre 2015

« Témoins d’amour, témoins de vie : objets et images de l’intime. » Amphi 4

13h30 : Ouverture – Eileen WILLIAMS-WANQUET, Directrice de l’EA DIRE
Sandra SAAYMAN, Françoise SYLVOS et Florence PELLEGRY, organisatrices
13h45 : GéraldineJE 2015 CHOUARD, PR, Université de Paris Dauphine, Paris 7 :
« Patchwork et partage dans la culture des Etats-Unis : de l’intime à l’extime ».
14h15 : Benedicte LETELLIER, MCF, Université de La Réunion : « Le sacrifice amoureux des mots et des choses ».
14h45 : Florence PELLEGRY, MCF, Université de La Réunion : « L’intime archivé : quand les gages d’affection font office de pièces à conviction ».
15h30 : Guilhem ARMAND, MCF, Université de La Réunion :
« L’objet, témoin d’amour dans les contes de fées (XVIIe-XVIIIe s.) : un pacte ambivalent ».
16h00 : Myriam KISSEL, PRAG Docteur, Université de La Réunion : « Le vivant et les morts ».
16h30 : Françoise SYLVOS, PR, Université de La Réunion :
« Objets et usages de l’intime dans les correspondances littéraires : le lien érotique ».
17h00 : Projection documentaire (45 min) : Gwendolyn Magee. Threads of History (2012), Géraldine CHOUARD, Anne CREMIEUX.