Archives pour la catégorie Evénements

Conférence : « La littérature mauricienne contemporaine, un espace de création postcolonial »

Le service Art et Culture de l’université de La Réunion organise une conférence le mardi 28 novembre à 17h30 dans l’amphi Olympe Gouges, sur le site du Tampon, animée par Markus Arnold, enseignant-chercheur à l’Ecole Supérieure d’Art de La Réunion.

« Cette conférence présentera les principales réflexions développées dans le récent ouvrage La littérature mauricienne contemporaine : Un espace de création postcolonial entre revendications identitaires et ouvertures interculturelles (Berlin : Lit, 2017). Pour interroger les spécificités dominantes de cette production littéraire franco- et anglophone, la discussion portera sur plusieurs problématiques scripturaires, théoriques et politiques : le champ littéraire, la mémoire, l’hybridité, le genre, l’espace. On verra ainsi comment les textes mauriciens se positionnent et évoluent au sein d’une société multiculturelle complexe et dans un contexte littéraire globalisé. Plus généralement, cette recherche contribue à questionner la notion de « postcolonial » en considérant les défis sociopolitiques, identitaires et artistiques du XXIe siècle. »

Conférence de Magali Compan : « L’art urbain et la mémoire sur l’île de La Réunion »

Dans le cadre des « Conférences de la Faculté des Lettres », Magali Compan, Maîtresse de conférence en littératures francophones au College of William & Mary (Williamsburg) donnera une conférence le mardi 28 novembre 2017 à 18h dans l’amphithéâtre 5 Sudel Fuma, Université de La Réunion, Moufia.

« Cette conférence examine le travail des artistes Kid Kréol et Boogie dont les textes visuels constituent une (ré)articulation de la mémoire et de l’identité sur l’île de La Réunion. Dans les zones industrielles ou les espaces urbains, leurs fresques murales représentent de façon constante les Zamérante, ces protagonistes de contes et légendes des traditions orales et écrites de l’île. Les espaces publics choisis pour leurs oeuvres catalysent les messages des oeuvres alors que les oeuvres réactualisent la signification des espaces et des lieux d’exposition. Le but de ces artistes est de manipuler le traditionnel à travers le contemporain en superposant le réel et l’imaginaire, le passé et le présent. Cette conférence soutient que ces (ré)visions de la mémoire prennent la forme d’une superposition de traces qui constituent une nouvelle structure composite. Cette superposition peut être une superposition non seulement de deux moments dans le temps, mais aussi de lieux, d’espaces et de cultures qui produisent une chaîne de signification. Cet espace mémoriel – véritable noeud de mémoire – est alors le résultat de constantes interconnections de différentes voix, cultures, espaces et temps. »

Conférence internationale : « Fédérer les recherches sur les sociétés de l’océan Indien »

L’Observatoire des Sociétés de l’Océan Indien (OSOI) de l’université de La Réunion organise une conférence internationale dans l’objectif de « Fédérer les recherches sur les sociétés de l’océan Indien ». Elle aura lieu les 23 et 24 novembre 2017 à l’Université de La Réunion Moufia, Amphi Genevaux.

Cette conférence sera animée par Serge Bouchet, François Hermet, Marie-Annick Lamy-Giner, Elise Ralser et Vilasnee Tampoe-Hautin. Les deux journées se divisent en quatre sous-objectifs : 1. fédérer les chercheurs, 2. fédérer les idées et les énergies, 3. fédérer par la valorisation de la recherche, 4. fédérer les partenariats. Lire le programme complet.

Feuille d’Information Trimestrielle de la SFLGC

Découvrez ICI la FIT (Feuille d’Information Trimestrielle) N°62 d’Octobre 2017 de la SLGC (Société Française de Littérature Générale et Comparée).

Vous y trouverez des informations pratiques, des annonces de colloques, de journées d’études et de séminaires, des appels à communication et des publications comparatistes.

Parmi les publications récentes, je recommande tout particulièrement la lecture des six volumes qui réunissent une sélection des actes du vingtième Congrès de l’AILC (Association Internationale de Littérature Comparée), dirigés par Anne Tomiche, sous le titre Le comparatisme comme approche critique, publiés aux Éditions Classiques Garnier en 2017.

Projection-conférence : « Femmes de Damas », Randi Deguilhem

Dans le cadre des conférences de la Faculté des Lettres en partenariat avec le laboratoire DIRE et le service Art & Culture, Randi Deguilhem (historienne, directrice de recherche au CNRS, TELEMME, Aix-en-Provence) donnera une conférence sur son film documentaire « Paroles de Damascènes » qui sera projeté juste avant sa conférence le mardi 14 novembre à 18h30 au théâtre Vladimir Canter (Université de La Réunion, Moufia).

Filmé sur une période trois ans (2008-2010), ce documentaire dévoile au public occidental des aspects de vie de femmes en Syrie, plus spécialement à Damas, peu visibles dans les médias. Cette projection-conférence sera donc l’occasion de voir et d’entendre des Syriennes de différents âges témoigner de leurs vies professionnelles et privées juste avant la guerre.

Entrée gratuite sur réservation dans la limite des places disponibles. Réservation ici.

Rencontre : « The Unreturned », documentaire de Nathan Fisher

Claire Gallien, maître de conférences à l’université Paul-Valéry Montpellier III où elle enseigne la littérature et la civilisation britannique, organise le 4 juillet de 15h à 18h, à l’INHA, Auditorium (2 rue Vivienne ou 6 rue des Petits-Champs, Paris, 2e) une rencontre autour du documentaire The Unreturned (USA, 2010) réalisé par Nathan Fisher. La projection sera suivie d’un débat et d’une analyse d’extraits en présence de Valérie Anishchenkova, maître de conférences en études arabes à l’université du Maryland.

Synopsis : « Avec la crise européenne des réfugiés qui domine les nouvelles, le public ignore souvent que cette même crise a ravagé le Moyen-Orient depuis de nombreuses années, résultant des nombreuses interventions militaires de l’Occident. Le documentaire 2010 de Nathan Fisher The Unreturned offre un regard audacieux et intime sur la vie des réfugiés irakiens déplacés en Syrie et en Jordanie à cause de la guerre. Ce groupe de personnes, de diverses origines sociales, ethniques et religieuses, partagent ses luttes d’intégration dans les sociétés hôtes – et souvent hostiles – des pays arabes voisins. Le film expose la mauvaise interprétation des médias sur la plus grande conséquence de la guerre des États-Unis en Irak et brise les stéréotypes et les préjugés occidentaux concernant l’Irak. La projection sera suivie d’une discussion ouverte portant sur le contenu et les caractéristiques cinématographiques de ce documentaire du type cinéma verité. »

« With the European refugee crisis dominating the news, the public are often unaware that this same crisis has been ravaging the Middle East for many years, resulting from numerous military interventions from the West. Nathan Fisher’s 2010 documentary The Unreturned takes a bold and intimate look into the lives of Iraqi refugees displaced to Syria and Jordan by the war. This group of people, who are of diverse social, ethnic and religious backgrounds, share their struggles of integrating into the host – and often hostile – societies of the neighboring Arab countries. The film exposes the media’s misrepresentation of the biggest consequence of the U.S. war in Iraq, and shatters Western stereotypes and prejudices about Iraq. The screening will be followed by an open discussion focusing on both the content and the cinematic features of this verité-style documentary. » (Claire Gallien)

Soutenance de thèse : « Étude d’une figure entêtante dans l’œuvre de Paul Gauguin »

Isabelle Malmon soutiendra publiquement sa thèse, dirigée par Bernard Terramorsi (Professeur de Littérature Comparée), le samedi 24 juin de 9h à 13h, Amphi 1, en présence des membres du jury suivants : M. Dario Gamboni (Professeur à l’université de Genève), M. Jean-Claude Carpanin Marimoutou (Professeur à l’université de la Réunion), M. Daniel-Henri Pageaux (Professeur Émérite à l’université de Paris III) et M. Bernard Terramorsi.

« Le Tupapau et le génie à capuche : étude d’une figure entêtante dans l’œuvre de Paul Gauguin » : « En 1892, la toile Manao tupapau de Paul Gauguin présente, à l’arrière d’une vahiné dénudée, un petit personnage encapuchonné. L’artiste explique qu’il s’agit d’un tupapau, d’un revenant dans les traditions polynésiennes. Le motif en réalité est déjà apparu en France en 1888, sans référence à l’Océanie, et ne cessera de hanter l’œuvre jusqu’au décès de Gauguin en 1903. Cette figure thanatique, intrusive dans une œuvre qualifiée d’exotique et d’érotique, méritait réflexion, d’autant que la critique l’a souvent banalisée ou effacée. Ce personnage montre-t-il que l’artiste cède au fantastique fin-de-siècle ? S’agit-il d’alimenter l’exotisme, comme les Orientalistes, en faisant cohabiter cette entité ténébreuse avec la « belle des îles » ? Y a-t-il, de la part d’un homme exécrant l’Europe mercantiliste et racialiste, un intérêt sincère pour le surnaturel polynésien persécuté par les missions chrétiennes ? Notre travail a montré que l’excursion dans les îles du Pacifique pouvait virer à la descente aux Enfers. Face à la normalisation coloniale et chrétienne des mœurs et croyances polynésiennes, la peur de la damnation, la mortalité effrayante due au mal vénérien, le démon à capuche est la mort qui gagne sur les plaisirs, la diabolisation de la liberté sexuelle. Mais il exprime aussi une ingression dans les ténèbres de la psyché, une tension entre volonté de jouissance dans la nouvelle Cythère et peur d’une sexualité féminine diabolisée et indomptée, entre désir de régression vers la mère et envie de fuir une figure tutélaire anxiogène. Le petit génie macabre contribue enfin à orienter l’œuvre vers une esthétique originale, mettant à mal les stéréotypes artistiques et idéologiques. »
« In 1892, Paul Gauguin’s painting Manao tupapau shows, behind a naked Tahitian woman, a little hooded character. The artist explains that this is a tupapau, that is to say a ghost in the Polynesian traditions. In reality the pattern already appeared in France in 1888, without any reference to Oceania, and it will haunt the work of Gauguin until he died in 1903. This figure, invasive in a so-called exotic and erotic work, deserves special attention, especially as most critics often trivialised or deleted it. Does this character prove that the artist  is yielding to fin-de-siècle fantasy ? Is it a way to feed exotism, like the Orientalists painters, by the coexistence between this shadowy ghost and the « belle des îles » ? Knowing that Gauguin hated the mercantilist and racialist Europe, does he have a real interest in the Polynesian occult world and beliefs as they were fought by Christian missions ? Our dissertation showed that Gauguin’s excursion in the Pacific islands went a downward spiral. When the Polynesian customs and religion are standardized by colonialism and Christianism, when guilt of damnation and mortality caused by the syphilis are spreading, the hooded genius represents death prevailing over pleasure, the demonization of sexual freedom. This figure expresses also  a descent into the dark room that is Gauguin’s psyche, his being torn between will of enjoyment in the new Cythère and fear of a demonized and untamed female sexuality, between his desire to come back to the mother image and his avoidance of a stressful domination figure. At last the little genius helps to give the work an original esthetics, challenging artistic and ideological stereotypes.  » (Isabelle Malmon) Voir table des matières.