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Rencontre : « The Unreturned », documentaire de Nathan Fisher

Claire Gallien, maître de conférences à l’université Paul-Valéry Montpellier III où elle enseigne la littérature et la civilisation britannique, organise le 4 juillet de 15h à 18h, à l’INHA, Auditorium (2 rue Vivienne ou 6 rue des Petits-Champs, Paris, 2e) une rencontre autour du documentaire The Unreturned (USA, 2010) réalisé par Nathan Fisher. La projection sera suivie d’un débat et d’une analyse d’extraits en présence de Valérie Anishchenkova, maître de conférences en études arabes à l’université du Maryland.

Synopsis : « Avec la crise européenne des réfugiés qui domine les nouvelles, le public ignore souvent que cette même crise a ravagé le Moyen-Orient depuis de nombreuses années, résultant des nombreuses interventions militaires de l’Occident. Le documentaire 2010 de Nathan Fisher The Unreturned offre un regard audacieux et intime sur la vie des réfugiés irakiens déplacés en Syrie et en Jordanie à cause de la guerre. Ce groupe de personnes, de diverses origines sociales, ethniques et religieuses, partagent ses luttes d’intégration dans les sociétés hôtes – et souvent hostiles – des pays arabes voisins. Le film expose la mauvaise interprétation des médias sur la plus grande conséquence de la guerre des États-Unis en Irak et brise les stéréotypes et les préjugés occidentaux concernant l’Irak. La projection sera suivie d’une discussion ouverte portant sur le contenu et les caractéristiques cinématographiques de ce documentaire du type cinéma verité. »

« With the European refugee crisis dominating the news, the public are often unaware that this same crisis has been ravaging the Middle East for many years, resulting from numerous military interventions from the West. Nathan Fisher’s 2010 documentary The Unreturned takes a bold and intimate look into the lives of Iraqi refugees displaced to Syria and Jordan by the war. This group of people, who are of diverse social, ethnic and religious backgrounds, share their struggles of integrating into the host – and often hostile – societies of the neighboring Arab countries. The film exposes the media’s misrepresentation of the biggest consequence of the U.S. war in Iraq, and shatters Western stereotypes and prejudices about Iraq. The screening will be followed by an open discussion focusing on both the content and the cinematic features of this verité-style documentary. » (Claire Gallien)

Soutenance de thèse : « Étude d’une figure entêtante dans l’œuvre de Paul Gauguin »

Isabelle Malmon soutiendra publiquement sa thèse, dirigée par Bernard Terramorsi (Professeur de Littérature Comparée), le samedi 24 juin de 9h à 13h, Amphi 1, en présence des membres du jury suivants : M. Dario Gamboni (Professeur à l’université de Genève), M. Jean-Claude Carpanin Marimoutou (Professeur à l’université de la Réunion), M. Daniel-Henri Pageaux (Professeur Émérite à l’université de Paris III) et M. Bernard Terramorsi.

« Le Tupapau et le génie à capuche : étude d’une figure entêtante dans l’œuvre de Paul Gauguin » : « En 1892, la toile Manao tupapau de Paul Gauguin présente, à l’arrière d’une vahiné dénudée, un petit personnage encapuchonné. L’artiste explique qu’il s’agit d’un tupapau, d’un revenant dans les traditions polynésiennes. Le motif en réalité est déjà apparu en France en 1888, sans référence à l’Océanie, et ne cessera de hanter l’œuvre jusqu’au décès de Gauguin en 1903. Cette figure thanatique, intrusive dans une œuvre qualifiée d’exotique et d’érotique, méritait réflexion, d’autant que la critique l’a souvent banalisée ou effacée. Ce personnage montre-t-il que l’artiste cède au fantastique fin-de-siècle ? S’agit-il d’alimenter l’exotisme, comme les Orientalistes, en faisant cohabiter cette entité ténébreuse avec la « belle des îles » ? Y a-t-il, de la part d’un homme exécrant l’Europe mercantiliste et racialiste, un intérêt sincère pour le surnaturel polynésien persécuté par les missions chrétiennes ? Notre travail a montré que l’excursion dans les îles du Pacifique pouvait virer à la descente aux Enfers. Face à la normalisation coloniale et chrétienne des mœurs et croyances polynésiennes, la peur de la damnation, la mortalité effrayante due au mal vénérien, le démon à capuche est la mort qui gagne sur les plaisirs, la diabolisation de la liberté sexuelle. Mais il exprime aussi une ingression dans les ténèbres de la psyché, une tension entre volonté de jouissance dans la nouvelle Cythère et peur d’une sexualité féminine diabolisée et indomptée, entre désir de régression vers la mère et envie de fuir une figure tutélaire anxiogène. Le petit génie macabre contribue enfin à orienter l’œuvre vers une esthétique originale, mettant à mal les stéréotypes artistiques et idéologiques. »
« In 1892, Paul Gauguin’s painting Manao tupapau shows, behind a naked Tahitian woman, a little hooded character. The artist explains that this is a tupapau, that is to say a ghost in the Polynesian traditions. In reality the pattern already appeared in France in 1888, without any reference to Oceania, and it will haunt the work of Gauguin until he died in 1903. This figure, invasive in a so-called exotic and erotic work, deserves special attention, especially as most critics often trivialised or deleted it. Does this character prove that the artist  is yielding to fin-de-siècle fantasy ? Is it a way to feed exotism, like the Orientalists painters, by the coexistence between this shadowy ghost and the « belle des îles » ? Knowing that Gauguin hated the mercantilist and racialist Europe, does he have a real interest in the Polynesian occult world and beliefs as they were fought by Christian missions ? Our dissertation showed that Gauguin’s excursion in the Pacific islands went a downward spiral. When the Polynesian customs and religion are standardized by colonialism and Christianism, when guilt of damnation and mortality caused by the syphilis are spreading, the hooded genius represents death prevailing over pleasure, the demonization of sexual freedom. This figure expresses also  a descent into the dark room that is Gauguin’s psyche, his being torn between will of enjoyment in the new Cythère and fear of a demonized and untamed female sexuality, between his desire to come back to the mother image and his avoidance of a stressful domination figure. At last the little genius helps to give the work an original esthetics, challenging artistic and ideological stereotypes.  » (Isabelle Malmon) Voir table des matières.

Conférence : « Archives et laboratoire : Redon et Gauguin »

Dario Gamboni, Professeur d’histoire de l’art de l’université de Genève, donnera une conférence à l’université de La Réunion sur « ARCHIVES ET LABORATOIRE : lumières nouvelles sur Odile Redon et Paul Gauguin », le mardi 20 juin 2017 à 17h en Amphi Sudel Fuma, UFR Lettres et Sciences Humaines.

En 2006 (photo ci-contre), l’Office Fédéral de la Culture, lui a décerné le prix Meret Oppenheim pour ses recherches et ses réflexions sur l’art. Depuis sa thèse, La plume et le pinceau. Odilon Redon et la littérature, publiée aux éditions de Minuit en 1989, Dario Gamboni a publié de nombreux ouvrages consacrés aux arts visuels du XVIIIe siècle à nos jours, en particulier la période autour de 1900, aux rapports entre art et littérature, à l’iconoclasme et au vandalisme. Son dernier ouvrage, Paul Gauguin au « centre mystérieux de la pensée », a été publié aux Presses du Réel en 2013. Deux autres ont été récemment traduits de l’anglais en français : La destruction de l’art – Iconoclasme et vandalisme depuis la Révolution française (Presses du Réel, 2015) et Images potentielles – Ambiguïté et indétermination en art moderne (Presses du Réel, 2016).

« ARCHIVES ET LABORATOIRE : lumières nouvelles sur Odile Redon et Paul Gauguin ». Sa conférence mettra en évidence les développements récents qui bouleversent ou approfondissent la connaissance des œuvres d’art de Redon et de Gauguin et de leur carrière.

2017: Australia & Oceans

australiaLa Réunion dans l’océan Pacifique : approche comparée et interdisciplinaire de Karin Speedy.

Professeur à l’université Macquarie en Australie, Karin Speedy est responsable des Études françaises et francophones. Elle est aussi directrice de recherche des Études internationales. Ses recherches s’appuient non seulement sur la linguistique, l’Histoire, les études littéraires, les études des races, les études créoles, francophones et postcoloniales mais aussi sur la traduction littéraire (voir son CV). Parmi ses publications les plus récentes, il faut mentionner sa contribution sur « Les Réunionnais oubliés du Caillou : un terrain de recherche multi-situé et pluridisciplinaire traversant temps et espace » paru dans l’ouvrage collectif dirigé par Véronique Fillol et Pierre-Yves Le Meur, Terrains océaniens : enjeux et méthodes (L’Harmattan, Paris, 2014, 267-283), un article intitulé « Reflections on creole genesis in New Caledonia », paru en 2014 dans Acta Linguistica Hafniensia: International Journal of Linguistics, un autre article sur la diaspora réunionnaise dans l’océan Pacifique, « From the Indian Ocean to the Pacific: Affranchis and Petits-Blancs in New Caledonia », paru en 2012 dans Portal Journal of Multidisciplinary International Studies, Special Issue: Indian Ocean Traffic. Pour finir,  un article plus ancien sur les coolies de La Réunion, « Who were the Reunion Coolies of Nineteenth-Century New Caledonia? », paru en 2009 dans Journal of Pacific History. Tous les articles sont disponibles ici.

En 2007, Karin Speedy publie Colons, Créoles et Coolies, L’immigration réunionnaise en Nouvelle-Calédonie (XIXe siècle) et le tayo de Saint-Louis, aux Éditions L’Harmattan.

« Vu la nature très lacunaire des informations publiées sur l’histoire de l’immigration réunionnaise en Nouvelle-Calédonie au dix-neuvième siècle, il a été nécessaire de faire des recherches d’archives pour pouvoir décrire en détail cette colonisation. Ce livre a donc deux objectifs principaux : le premier étant d’écrire un épisode de l’histoire calédonienne qui jusqu’ici demeure peu connu, celui de l’arrivée et de l’implantation des Réunionnais et de leurs engagés sur la Grande Terre et le second étant de rouvrir et de trouver une solution au débat entre Chaudenson d’une part et Corne et Ehrhart d’autre part à l’égard d’un apport réunionnais au tayo. Dans le premier chapitre, je remonte aux origines du peuplement mélanésien et blanc en Nouvelle-Calédonie avant de passer, dans le chapitre 2, à l’arrivée des premiers pionniers réunionnais et de leurs travailleurs sur le sol calédonien. Puis, dans le chapitre 3, je présente le voyage d’exploration entrepris par Louis de Nas de Tourris, invité à faire un tour de l’île par le Gouverneur Guillain afin d’encourager l’immigration en provenance de la Réunion à la suite de la crise de l’industrie sucrière dans l’Océan Indien. Je décris également les débuts de la production de sucre en Calédonie et l’optimisme des immigrants réunionnais quant à l’avenir sucrier du pays. Je continue ce thème dans le chapitre 4, en décrivant l’essor rapide du sucre en Nouvelle-Calédonie, suivi presque aussi vite par son déclin dû aux catastrophes qui ont frappé les plantations. Dans le chapitre 5, je détaille l’immigration des Réunionnais qui arrivent en grand nombre vers la fin des années 1860 et pendant les années 1870. Je relève que ce groupe est hétérogène, se composant de gros Blancs, petits Blancs, Noirs, Métis, Malgaches et Indiens. Ces immigrants, libres et engagés, se regroupent essentiellement dans les circonscriptions du sud, pas loin de Saint-Louis. L’histoire des coolies indiens et autres, car ce groupe comprend aussi des gens de toutes les races, est dévoilée dans le chapitre 6. Dans le chapitre 7, je décris la situation linguistique à la Réunion au dix-neuvième siècle afin de déterminer la langue que les immigrants réunionnais et leurs engagés parlaient avant de présenter et d’analyser deux textes écrits en créole réunionnais et publiés en Nouvelle-Calédonie, des textes qui représentent, selon moi, des variétés de créole parlés par les Réunionnais en Calédonie à l’époque où le tayo était en cours de formation. J’examine les contacts entre les Réunionnais et leurs engagés et les Kanak de Saint-Louis dans le chapitre 8 et indique qu’il y avait beaucoup de possibilités pour une interaction régulière entre ces groupes. Finalement, dans la conclusion, je donne, dans un cadre théorique de créolisation, mon opinion sur la probabilité d’une influence réunionnaise dans le développement du tayo en me basant sur les informations sociohistoriques aussi bien que sur les données linguistiques exposées dans les premiers chapitres de cet ouvrage. » (Lire toute l’introduction)

Conférence : « À quoi bon lire des poèmes aujourd’hui ? »

You are not a drop in the ocean - ancient Persian poet and philosopher Rumi quote printed on grunge vintage cardboardConférence à la Bibliothèque Départementale de la Réunion le mardi 19 avril 2016 de 18h30 à 19h30, présentée par Bénédicte Letellier (membre du Centre de recherche DIRE, Déplacements, Identités, Regards, Écritures, Université de la Réunion).

Depuis la question d’Hölderlin (1770-1843), « À quoi bon des poètes en temps de détresse ? », il est aisé d’observer que les poètes ne sont pas une espèce en voie de disparition et qu’avec le développement des ressources électroniques et des réseaux internet, ils prennent même une place non négligeable dans l’espace public. Aujourd’hui, si la nécessité de la poésie pour l’évolution harmonieuse des sociétés n’est plus à prouver du point de vue des poètes, elle reste fortement mise en doute par tous les autres. À quoi bon lire des poèmes dont le sens est caché, voire incompréhensible, dont le message – s’il existe – apparaît très éloigné non seulement des préoccupations quotidiennes et vitales des individus mais aussi de l’actualité politique et sociale des pays ? À quoi bon lire des poèmes qui, au mieux, nous bercent par de sublimes images et des rythmes divins, lorsque nos douleurs et nos souffrances nous empêchent de goûter la finesse des vers et la puissance des mots, lorsque nos mensonges et nos espoirs ne suffisent à combler nos manques et nos désirs ?
L’exemple de quelques poèmes, nés sur les rives lointaines de l’océan Indien, dérivés de traditions mystiques orientales, laissent apparaître une méthode universelle de connaissance créative qui répond à la question du Comment vivre ? et apaise indéniablement l’agitation du mental.

Colloque : « Thirukkural : éthique et représentations. La Vertu, la Fortune et l’Amour »

affiche thirukkural2Le colloque Thiruvalluvar, organisé par Florence Callandre-Barat (Université de la Réunion, membre titulaire du laboratoire ASIES-CROIMA de l’INALCO), le Docteur Selvam Chanemougame (Président de Tamij Sangam) et Siva Someswaran (Professeur de tamoul à la Réunion), aura lieu du 14 au 16 avril 2016 à l’université de la Réunion, inauguré le jeudi 14 avril à 10h dans l’amphi bioclimatique, Amphi 550.

« Le Thirukkural, depuis le début de notre ère, a guidé et défini l’art de vivre tamoul. Il est constitué de trois parties : la première, Aram, consacrée à la sagesse, la seconde, Poroul, à la fortune et la troisième, Inbam/Kâmam, à l’amour. Ces trois thèmes qui ne sont pas exclusivement tamouls mais partagés avec le reste de l’Inde, plus souvent présentés sous leur forme sanscrite, dhârma, artha, kâma (ordre, profit et plaisir), sont les trois premiers buts de la vie d’un hindou, le quatrième étant la moksha, la libération du cycle de réincarnations. Les deux premières parties du Thirukkural sont moralisatrices et la troisième partie, le Kâmattupâl, en français, « Le Livre de l’Amour », est moins formelle. Le Livre de l’Amour n’est pas un index érotique comme l’est le kâmasutra sanscrit. Il se conforme au ton général de la littérature tamoule la plus ancienne, sans mythologie. Le Thirukkural est classique, non-sectaire et facilement mémorisable, ce qui explique certainement qu’il n’a pas connu l’oubli qui a affecté d’autres textes anciens. Chaque kural, chaque stance est coulée dans un distique de 7 pieds. Si son contenu est éternel et universel, la forme de cette œuvre est spécifiquement tamoule. Quoi qu’il en soit, elle a été traduite dans une multitude de langues indiennes et étrangères autant que la Bible, dit-on. Il en existe une dizaine de versions dont la moitié seulement est imprimée et c’est l’édition du XIIIe siècle qui sert de base à toutes les traductions actuelles.

Ce qui préoccupe l’auteur du Thirukkural, poète moraliste, est le bonheur sur terre pour tous. Le Thirukkural n’est pas considéré spécifique du temps où il a été composé et n’est pas limité au pays où il a pris naissance. Il n’y est ni question de pays tamoul, ni de langue tamoule même si l’auteur est tamoul et écrit en tamoul. Son auteur prend en compte la vie dans toutes ses dimensions et s’ouvre aux mondes. » (FCB)

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Hanitra Sylvia ANDRIAMAMPIANINA (Professeur de littérature comparée à Madagascar)

Blason_toliaraHanitra Sylvia Andriamampianina, Professeur de littérature comparée à l’université de Toliara, directrice du Centre Universitaire Régional Androy et chercheur associée au centre de recherche DIRE de l’université de la Réunion, nous fait le plaisir de soutenir le projet de ce site en partageant l’actualité de ses recherches (à suivre dans son CV).

Dans Recherches et engagements d’une comparatiste malagasy, document de synthèse qu’elle a présenté en 2010 pour son HDR sous la direction du Professeur Bernard Terramorsi, Hanitra Sylvia Andriamampianina montre l’importance du rôle des intellectuels gasy et plus précisément la nécessité de développer la recherche comparatiste pour affermir une véritable « indépendance culturelle ». Dans la lignée des travaux pionniers de Jean Paulhan, publiés dès 1911 sur les hainteny (forme de poème malgache comparable au pantun malais), et de la thèse fondatrice de Bakoly Domenichini-Ramiaramanana, Du ohabolana au hainteny (1979), elle esquisse, sur un plan plus général, pratique et théorique, des perspectives de recherche pour penser l’articulation du local (gasy) et de l’universel.