Archives pour la catégorie Parutions

Parution : Revue « Traduire le sacré » (Florence Lautel-Ribstein)

Traduire le sacré : Des mots aux actes, revue fondée et dirigée par Florence Lautel-Ribstein, dont le numéro 6 vient de paraître aux Éditions Classiques Garnier (469 pages).

Ce volume regroupe des articles issus d’un colloque de 2013 « Traduire le sacré (I) » organisé par Florence Lautel-Ribstein, Camille Fort et Rémy Bethmont, d’un second colloque de 2014 « Traduire le sacré dans les langues et les littératures de l’Orient (II) » organisé par Florence Lautel-Ribstein et d’une journée d’étude de 2015, « Thérèse d’Avila : traduire l’expérience mystique » organisée par Roland Béhar, Laurence Breysse-Chanet, Florence Lautel-Ribstein et Jean-Yves Masson.

Les différentes contributions proposent de réfléchir sur ce que peut la traduction lorsqu’un texte manifeste une dimension sacrée et d’explorer ses formes de déploiement possibles à partir d’études textuelles précises. Une première partie rassemble des études sur les traductions du texte biblique. Une partie est consacrée à la traduction des textes mystiques et notamment ceux de Thérèse d’Avila. Puis une troisième partie interroge un corpus de textes de spiritualité orientale. Enfin, quelques articles offrent, en guise d’ouverture, une réflexion sur les défis linguistiques et littéraires pour traduire le sacré.

Parution : Lumières et océan Indien

Lumières et océan Indien. Bernardin de Saint-Pierre, Évariste Parny, Antoine de Bertin, dirigé par Chantale Meure et Guilhem Armand, vient de paraître aux Éditions Classiques Garnier.

L’océan Indien, chez Bernardin de Saint-Pierre, Évariste Parny et Antoine de Bertin, ne relève pas seulement de la littérature exotique. Leurs œuvres prennent leur source dans une connaissance réelle de cet espace. Quelle en est la part de vérité ou d’invention poétique ? Quelle en est la postérité ? The Indian Ocean in the works of Saint-Pierre, Évariste Parny, and Antoine de Bertin is not simply something out of exotic literature. Their works emerge from a real knowledge of that realm. How much is true; how much poetic invention? What is the legacy of their depictions? Voir la table des matières.

2017: Australia & Oceans

australiaLa Réunion dans l’océan Pacifique : approche comparée et interdisciplinaire de Karin Speedy.

Professeur à l’université Macquarie en Australie, Karin Speedy est responsable des Études françaises et francophones. Elle est aussi directrice de recherche des Études internationales. Ses recherches s’appuient non seulement sur la linguistique, l’Histoire, les études littéraires, les études des races, les études créoles, francophones et postcoloniales mais aussi sur la traduction littéraire (voir son CV). Parmi ses publications les plus récentes, il faut mentionner sa contribution sur « Les Réunionnais oubliés du Caillou : un terrain de recherche multi-situé et pluridisciplinaire traversant temps et espace » paru dans l’ouvrage collectif dirigé par Véronique Fillol et Pierre-Yves Le Meur, Terrains océaniens : enjeux et méthodes (L’Harmattan, Paris, 2014, 267-283), un article intitulé « Reflections on creole genesis in New Caledonia », paru en 2014 dans Acta Linguistica Hafniensia: International Journal of Linguistics, un autre article sur la diaspora réunionnaise dans l’océan Pacifique, « From the Indian Ocean to the Pacific: Affranchis and Petits-Blancs in New Caledonia », paru en 2012 dans Portal Journal of Multidisciplinary International Studies, Special Issue: Indian Ocean Traffic. Pour finir,  un article plus ancien sur les coolies de La Réunion, « Who were the Reunion Coolies of Nineteenth-Century New Caledonia? », paru en 2009 dans Journal of Pacific History. Tous les articles sont disponibles ici.

En 2007, Karin Speedy publie Colons, Créoles et Coolies, L’immigration réunionnaise en Nouvelle-Calédonie (XIXe siècle) et le tayo de Saint-Louis, aux Éditions L’Harmattan.

« Vu la nature très lacunaire des informations publiées sur l’histoire de l’immigration réunionnaise en Nouvelle-Calédonie au dix-neuvième siècle, il a été nécessaire de faire des recherches d’archives pour pouvoir décrire en détail cette colonisation. Ce livre a donc deux objectifs principaux : le premier étant d’écrire un épisode de l’histoire calédonienne qui jusqu’ici demeure peu connu, celui de l’arrivée et de l’implantation des Réunionnais et de leurs engagés sur la Grande Terre et le second étant de rouvrir et de trouver une solution au débat entre Chaudenson d’une part et Corne et Ehrhart d’autre part à l’égard d’un apport réunionnais au tayo. Dans le premier chapitre, je remonte aux origines du peuplement mélanésien et blanc en Nouvelle-Calédonie avant de passer, dans le chapitre 2, à l’arrivée des premiers pionniers réunionnais et de leurs travailleurs sur le sol calédonien. Puis, dans le chapitre 3, je présente le voyage d’exploration entrepris par Louis de Nas de Tourris, invité à faire un tour de l’île par le Gouverneur Guillain afin d’encourager l’immigration en provenance de la Réunion à la suite de la crise de l’industrie sucrière dans l’Océan Indien. Je décris également les débuts de la production de sucre en Calédonie et l’optimisme des immigrants réunionnais quant à l’avenir sucrier du pays. Je continue ce thème dans le chapitre 4, en décrivant l’essor rapide du sucre en Nouvelle-Calédonie, suivi presque aussi vite par son déclin dû aux catastrophes qui ont frappé les plantations. Dans le chapitre 5, je détaille l’immigration des Réunionnais qui arrivent en grand nombre vers la fin des années 1860 et pendant les années 1870. Je relève que ce groupe est hétérogène, se composant de gros Blancs, petits Blancs, Noirs, Métis, Malgaches et Indiens. Ces immigrants, libres et engagés, se regroupent essentiellement dans les circonscriptions du sud, pas loin de Saint-Louis. L’histoire des coolies indiens et autres, car ce groupe comprend aussi des gens de toutes les races, est dévoilée dans le chapitre 6. Dans le chapitre 7, je décris la situation linguistique à la Réunion au dix-neuvième siècle afin de déterminer la langue que les immigrants réunionnais et leurs engagés parlaient avant de présenter et d’analyser deux textes écrits en créole réunionnais et publiés en Nouvelle-Calédonie, des textes qui représentent, selon moi, des variétés de créole parlés par les Réunionnais en Calédonie à l’époque où le tayo était en cours de formation. J’examine les contacts entre les Réunionnais et leurs engagés et les Kanak de Saint-Louis dans le chapitre 8 et indique qu’il y avait beaucoup de possibilités pour une interaction régulière entre ces groupes. Finalement, dans la conclusion, je donne, dans un cadre théorique de créolisation, mon opinion sur la probabilité d’une influence réunionnaise dans le développement du tayo en me basant sur les informations sociohistoriques aussi bien que sur les données linguistiques exposées dans les premiers chapitres de cet ouvrage. » (Lire toute l’introduction)

Parution : « Écriture et plasticité de pensée »

plasticitéL’essai transdisciplinaire de Marc-Williams Debono, Écriture et plasticité de pensée, préfacé par Michel Cazenave, vient de paraître en mars 2016 dans une version augmentée aux éditions Anima Viva Multilingue.

À la lumière de la littérature, de la philosophie, de la physique et des neurosciences, M.-W. Debono propose d’élargir la notion de plasticité et de la définir « comme un véritable concept épistémique ». Aujourd’hui, ce travail de recherche est essentiel pour comprendre la place fondamentale, pour ne pas dire créatrice, du sujet dans la plasticité du monde. Il y a le constat que la plasticité de pensée opère « au seuil d’expression de deux mondes ». L’auteur montre que la plasticité lie et unifie quelles que soient les interfaces d’étude. Ce faisant, elle permet de penser de nouvelles écritures, de nouvelles traces dont la plasticité révèle une part non négligeable propre à la créativité subjective, force de transformation continue et de vie. Cette réflexion a une importance capitale pour la littérature et la poésie dans la mesure où elle situe le processus de création au cœur même des sciences.

M.-W. Debono est membre actif du CIRET (Centre de Recherches et d’Etudes Transdisciplinaires), chercheur en neurosciences, poète, essayiste et fondateur de l’association Plasticités Sciences Arts. Depuis 2005, il dirige la revue transdisciplinaire de plasticité humaine Plastir qui publie des articles dont la réflexion s’inscrit dans une perspective plastique postmoderne, à la croisée de plusieurs disciplines. Depuis 1996, il a publié de nombreux travaux sur le concept de plasticité, parmi lesquels : L’ère des plasticiens : De nouveaux hommes de science face à la poésie du monde, Paris, Ed. Aubin, 1996 ; « Le code plastique de la vie », in Transdisciplinarité, Lisbonne Ed. Hugin, 1999 ; « Vers un nouvel espace de pensée », in Valéry et la Méditerranée, EdiSud, 2006 ; « Transdisciplinarity: A new approach to metadynamics and consciousness » in Transdisciplinarity: Theory & Practice, Hampton Press, USA, 2008 ; « La Plasticité de l’Esprit », in Implications philosophiques, 2012 (disponible pour la lecture ici).

Parution : Adonis, « Soufisme et surréalisme »

72457Adonis, Soufisme et surréalisme, traduit de l’arabe par Bénédicte Letellier, Paris, Éditions de la Différence, 2016, 320 p., EAN 9782729122409.

Cet essai, publié en arabe en 1992, se présente sous la forme d’un dialogue imaginaire et théorique entre les soufis et les surréalistes. Ce sont des paroles, des vers, des manières d’écrire, des pensées qui se font écho pour décrire une expérience de l’absolu ou de l’absence. Selon Adonis, « le soufisme et le surréalisme nous permettent de lire sous un nouveau jour, le couple absence/présence : absence de l’homme, présence de la machine, absence du cœur, présence de la raison, absence de la nature, présence de l’industrie ». Au fil des thèmes abordés, Adonis pose les fondements d’une véritable réflexion comparatiste et poétique sur les liens qui unissent la littérature et le sacré. Que révèlent les écritures soufies et surréalistes ? Comment les lire pour dépasser les contradictions d’un monde de plus en plus déroutant et inintelligible ? En quoi ces écritures poétiques témoignent-elles d’une possible souveraineté et liberté de l’individu ? Cet essai est aussi une manière de célébrer la poésie comme un acte de création qui « libère l’homme de son exil ou de son absence dans cette réalité ». C’est en ce sens qu’Adonis cite Lautréamont : « La poésie sera faite par tous. »

Adonis est né en 1930 dans le nord de la Syrie. Il est initié très tôt, par son père paysan et fin lettré, à la langue du Coran et à la culture arabe. Il publie ses premiers poèmes à dix-sept ans. Après des études de philosophie à l’université de Damas, il s’exile à Beyrouth, où il fonde avec Yûsuf al-Khâl le groupe Chi’r (Poésie) et la revue du même nom qui aura une forte influence sur la littérature arabe contemporaine. Il a publié une douzaine de recueils de poèmes et plusieurs essais. Adonis a largement contribué à l’invention d’une véritable modernité arabe et à sa reconnaissance en Europe comme aux États-Unis. Traduit dans de nombreux pays, il est aujourd’hui le poète de langue arabe le plus connu de par le monde. En 2008, il reçoit le prix Max Jacob Étranger. Il est lauréat du Prix de la Paix Erich Maria Remarque 2015. La Différence a publié de lui : Chronique des branches (1991, 2e éd. 2012) ; Célébrations (2e éd. 2005) ; Printemps arabes. Religion et révolution (2014).

2016 : China & world literature


Chinese horoscope La littérature comparée vue par Qian Zhongshu (1910-1998) :

Qian Zhongshu, encore trop peu connu en Occident, est un comparatiste, considéré par Nicolas Chapuis – lequel a traduit en français quelques unes de ses œuvres littéraires et critiques – comme « le père de l’école chinoise de littérature comparée ». L’un des principes fondamentaux de sa pensée consiste à voir l’harmonie plutôt que l’uniformité, dans une perspective globale de la littérature mondiale. Nombre de ses études comparées montrent avec force l’éclairage que les traditions chinoises et occidentales peuvent s’apporter mutuellement pour une réelle compréhension interculturelle. Mais il doit la part la plus brillante de sa pensée à son honnêteté intellectuelle autant qu’à son érudition, comme en témoigne ce qu’il répond au Professeur Zhang Longxi qui le saluait pour ses importantes contributions en littérature comparée: « Ce que j’ai fait n’est pas du tout de la littérature comparée mais seulement de l’éclectisme », tel que le définit Diderot.

Prolongement : la littérature mondiale selon Zhang Longxi (Université de Hong-Kong)

Son dernier ouvrage paru en 2015, From Comparison to World Literature, rend hommage à la pensée de Qian Zhongshu mais aussi à celle de Goethe, tout en partageant avec Franco Moretti (Université de Stanford) l’idée qu’aujourd’hui la littérature comparée pourrait véritablement dépasser l’eurocentrisme ou toute autre forme d’ethnocentrisme. Selon lui, il est alors nécessaire que les réflexions comparatistes se fondent sur des connaissances et des théories aussi bien occidentales qu’orientales, même si de nos jours la littérature mondiale reste encore, dans la pratique, un concept flou qui change selon les besoins et les contextes locaux. Vu de l’océan Indien et plus précisément de la Réunion, cet ouvrage est incontournable : il nous invite, pour 2016, à questionner les tensions entre le local et l’universel, à chercher à la manière de Qian Zhongshu l’harmonie plutôt que la conformité ou l’uniformité.

Parution : « Îles/elles, Résistances et revendications féminines dans les îles des Caraïbes et de l’océan Indien (XVIIIe-XXIe siècles) »

iles:ellesParution : Îles/elles, Résistances et revendications féminines dans les îles des Caraïbes et de l’océan Indien (XVIIIe-XXIe siècles), Valérie Andrianjafitrimo-Magdelaine et Marc Arino (dir.), Éditions K’A, 2015.

Résumé : Dans le cadre de « dialogues transocéaniques » entre les îles des Caraïbes et de l’océan Indien, qui visent à défaire les conditionnements du regard critique porté sur les réalités socio-anthropologiques et sur l’histoire des divers mondes créoles, c’est à l’émergence des revendications et à la forme des contestations des femmes depuis le XVIIIe siècle que nous nous sommes intéressés dans cet ouvrage. La production des identités féminines est ici observée au fil des textes à travers les résistances aux discours de la norme, particulièrement violents et intrusifs, qui tentent de les catégoriser et de les naturaliser. L’évolution des rôles que les femmes ont conquis ou pour lesquels elles luttent est envisagée à travers des modalités diverses de représentations : productions littéraires – écrites et orales – et artistiques dans trois des langues des espaces créoles (français, anglais, créole réunionnais), historiographie, transmission des savoirs, des pratiques et des mémoires, discours et démarches politiques… Pour contrebalancer l’exclusive des points de vue extérieurs qui ont toujours régenté le regard que l’on a porté sur elles, cet ouvrage s’intéresse aux « subalternes », aux sans-grades, tout autant qu’aux écrivaines et artistes : à toutes celles, connues ou inconnues, dont la voix a pu porter pour s’élever contre des systèmes oppressifs autant que contre des représentations stéréotypées. (Tables des matières)