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Karin Speedy (Associate Professor in International Studies, Sydney)

Je remercie Karin Speedy d’avoir accepté de répondre à quelques questions, de nous offrir un poème inédit et de soutenir le projet de ce site. J’invite vivement les lecteurs à découvrir son blog « Embruns » dans lequel la formule poétique se marie avec la description scientifique et le récit historique.

1. Karin, comment est né votre intérêt pour la langue et la culture françaises et surtout pour les îles d’outre mer liées à la France par leur passé ?

J’ai toujours été fascinée par le langage, les langues et les histoires. D’abord, c’était la langue et la littérature anglaises qui me passionnaient. Je lisais beaucoup en tant qu’enfant et le monde imaginaire des livres me transportait ailleurs ; un ailleurs qui nourrissait mes rêves. Quand j’ai eu l’occasion de commencer à apprendre d’autres langues à partir de 13 ans, j’ai choisi le français, le latin et l’allemand. J’ai tout de suite eu un coup de foudre pour le français ! Aucune explication, c’était comme ça. J’ai continué mes études de français à l’Université d’Auckland où j’ai eu la chance de rencontrer le Professeur Chris Corne, un linguiste très connu pour ses travaux sur les langues créoles de l’Océan Indien et du Pacifique. C’était grâce à ses cours et, par la suite, ma thèse sur le créole louisianais qu’il a dirigée et dans laquelle j’ai fait une partie comparative avec les créoles de l’Océan Indien et le tayo de Nouvelle-Calédonie, que mon intérêt pour les langues, cultures et histoires des îles francophones est né.

2. Est-il partagé par un grand nombre de chercheurs Australiens ? Ou bien avez-vous un profil original parmi eux – ce que laissent penser non seulement vos domaines de recherches mais aussi votre approche interdisciplinaire et le recours à différents types d’écriture ?

Il faut préciser que je suis néo-zélandaise. C’est important car en tant qu’îlienne j’ai un lien fort avec l’Océan, le Pacifique en particulier. Les Australiens n’ont pas cette même affinité je trouve. Il n’y a pas beaucoup d’autres chercheurs en Australie qui partagent mes domaines de recherche, surtout le côté interdisciplinaire qui est fondamental dans mon profil. J’ai une collègue réunionnaise, Dr Bénédicte André, qui se spécialise dans « Island Studies » et qui fait ses recherches sur le concept de l’îléité dans les écrits des auteurs de l’Océan Indien, des Antilles et du Pacifique. Il y a une autre collègue à Wollongong, Dr Anu Bissoonauth-Bedford, qui travaille sur les langues créoles. Professeur Robert Aldrich, historien à Sydney University a aussi travaillé sur les liens historiques entre le Pacifique et l’Océan Indien.
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Parution : « Écriture et plasticité de pensée »

plasticitéL’essai transdisciplinaire de Marc-Williams Debono, Écriture et plasticité de pensée, préfacé par Michel Cazenave, vient de paraître en mars 2016 dans une version augmentée aux éditions Anima Viva Multilingue.

À la lumière de la littérature, de la philosophie, de la physique et des neurosciences, M.-W. Debono propose d’élargir la notion de plasticité et de la définir « comme un véritable concept épistémique ». Aujourd’hui, ce travail de recherche est essentiel pour comprendre la place fondamentale, pour ne pas dire créatrice, du sujet dans la plasticité du monde. Il y a le constat que la plasticité de pensée opère « au seuil d’expression de deux mondes ». L’auteur montre que la plasticité lie et unifie quelles que soient les interfaces d’étude. Ce faisant, elle permet de penser de nouvelles écritures, de nouvelles traces dont la plasticité révèle une part non négligeable propre à la créativité subjective, force de transformation continue et de vie. Cette réflexion a une importance capitale pour la littérature et la poésie dans la mesure où elle situe le processus de création au cœur même des sciences.

M.-W. Debono est membre actif du CIRET (Centre de Recherches et d’Etudes Transdisciplinaires), chercheur en neurosciences, poète, essayiste et fondateur de l’association Plasticités Sciences Arts. Depuis 2005, il dirige la revue transdisciplinaire de plasticité humaine Plastir qui publie des articles dont la réflexion s’inscrit dans une perspective plastique postmoderne, à la croisée de plusieurs disciplines. Depuis 1996, il a publié de nombreux travaux sur le concept de plasticité, parmi lesquels : L’ère des plasticiens : De nouveaux hommes de science face à la poésie du monde, Paris, Ed. Aubin, 1996 ; « Le code plastique de la vie », in Transdisciplinarité, Lisbonne Ed. Hugin, 1999 ; « Vers un nouvel espace de pensée », in Valéry et la Méditerranée, EdiSud, 2006 ; « Transdisciplinarity: A new approach to metadynamics and consciousness » in Transdisciplinarity: Theory & Practice, Hampton Press, USA, 2008 ; « La Plasticité de l’Esprit », in Implications philosophiques, 2012 (disponible pour la lecture ici).